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TOUT EN RECONNAISSANT LE DROIT DE MANIFESTER LIBREMENT AUX ALGÉRIENS

Paris, Washington et Bruxelles refusent de s'ingérer

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Les États-Unis soutiennent le peuple algérienLes États-Unis soutiennent le peuple algérien

On aura apprécié la distance que prennent ces Etats à l'endroit de l'Algérie. Une attitude qui tranche avec leurs postures de donneurs de leçons lorsqu'il est question d'autres nations.

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, la France réaffirme sa position de principe vis-à-vis de la situation qui prévaut en Algérie. Jean-Yves Le Drian qui répondait, hier, à l'interpellation d'un député sur le sujet a d'abord «rappelé les liens forts et multiples qui unissent l'Algérie et la France». Le ministre qui n'omet de relever «l'importance de la communauté algérienne en France» et les implications dans son pays pour «tout ce qui se passe en Algérie», dit, dans sa réponse constater «l'importance des manifestations, de la protestation populaire qui s'est déroulée depuis la décision du président Bouteflika de déposer sa candidature pour un nouveau mandat». Le Drian met en évidence le fait que «les manifestations (soient) restées pacifiques et que les forces de sécurisé ont apporté une réponse mesurée». Ce constat fait, le ministre français des Affaires étrangères émet le souhait que «le peuple algérien trouve les voies de sortie de cette crise. C'est pourquoi nous souhaitons que le processus électoral puisse se dérouler dans de bonnes conditions avec toute la transparence et la sérénité nécessaires».
Jean-Yves Le Drian qui devait obligatoirement répondre à la sollicitation d'un élu de la nation a trouvé les mots pour affirmer l'intention de Paris de ne rien tenter dans un sens ou dans l'autre en Algérie et de laisser la pleine initiative aux Algériens eux-mêmes. Une posture que la France n'est pas seule à adopter, puisque l'autre puissance mondiale, à savoir les Etats-Unis d'Amérique, se trouve être dans les mêmes dispositions. «Nous observons ces manifestations en Algérie et nous allons continuer à le faire», a dit à la presse le porte-parole de la diplomatie américaine Robert Palladino. «Les États-Unis soutiennent le peuple algérien et son droit à manifester pacifiquement», a noté le fonctionnaire qui n'a rien fait d'autre que valider une situation de fait en Algérie, puisque lesdites manifestations ne souffrent d'aucune mesure restrictive de quelque nature que ce soit. Cette première réaction de Washington qui traduit une volonté de laisser aux Algériens le soin de gérer cette situation, démontre une sorte de sérénité et une confiance quant à la solidité des institutions du pays. Plus que cela, les Américains, comme les Français d'ailleurs, ne semblent pas du tout interpellés par une probable conséquence néfaste de ce qui se produit en Algérie. Sinon, les réactions n'auraient pas pris ces accents sereins. En tout cas, il est clair que les deux grands partenaires de l'Algérie n'entendent pas se mêler dans une affaire interne, d'autant qu'ils constatent une dynamique démocratique et une gestion à la hauteur des événements De son côté, la Commission européenne a cru bon de porter à la connaissance des Algériens certains principes contenus dans leur Constitution. «Quand on parle de manifestation, les droits de liberté d'expression et de réunion sont inscrits dans la Constitution algérienne», a indiqué Maja Kocijancic, porte-parole de la Commission européenne. Cette déclaration qui défonce des portes ouvertes, puisque le caractère libre et démocratique des manifestions est établi, a été faite lors d'un point presse à Bruxelles. Autant dire que nous sommes là dans les lieux communs. «Nous attendons que ces droits puissent être exercés de façon pacifique et soient garantis dans le respect de l'Etat de droit», a encore insisté Mme Kocijancic, qui n'a pas manqué de souligner «l'importance du partenariat entre l'UE et l'Algérie». Et la responsable européenne d'espérer «approfondir nos relations dans le but de créer un espace commun de stabilité, de démocratie et de prospérité partagées». Nous sommes là dans le respect de la souveraineté du pays. «Il appartient maintenant au Conseil constitutionnel algérien de confirmer leur conformité par rapport à la Constitution et la loi électorale», a rappelé Mme Kocijancic, comme pour réaffirmer une volonté de laisser la gestion de cette situation exclusivement aux Algériens.
On aura donc apprécié la distance que prennent ces Etats à l'endroit de l'Algérie. Une attitude qui tranche avec leurs postures de donneurs de leçons lorsqu'il est question d'autres nations plus faibles. Même si cela ne constitue pas une assurance d'une sortie par le haut pour l'Algérie, ce respect de la souveraineté apporte tout au moins la garantie d'une non-ingérence quel que soit le choix que le peuple aura fait.

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