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Rendez-vous avec l'histoire

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Rendez-vous avec l'histoire

Elles donnent un sens pour un combat, de la fascination à une jeunesse et un rêve pour des lendemains qui chantent...

Ce 8 mars 2019 restera gravé à jamais dans la mémoire collective comme l'ont été encore d'autres dates qui ont marqué notre histoire. Hier, elles étaient des millions d'Algériennes de tous âges à égayer les rues et villes du pays pour protester dans le calme aux cris «Pas de 5e mandat». «Ils ont les millions, nous sommes des millions», résume une pancarte brandie par une femme manifestant à Alger. Le pays se tenait le ventre sur l'issue de cette journée redoutant raisonnablement d'éventuels dérapages, mais les femmes ont consacré le caractère pacifique. Rien sans elles. Ce compliment n'est pas de trop pour la femme algérienne qui n'est pas à sa première démonstration comme à chaque fois que le destin du pays l'interpelle.
Torturées, violées, emprisonnées durant la guerre de libération, elles ont remarquablement contribué à tous les niveaux renforçant les rangs des moudjahidine qu'elles soutenaient dans leur lutte contre la France coloniale. C'est la femme rurale qui a supporté les charges de la Révolution dans les montagnes, les villages et les hameaux de même que la femme citadine a été d'un grand secours pour les moudjahidine. Exclue de la politique à l'indépendance, à peine tolérée dans l'action syndicale, elle se redéploie dans le mouvement associatif et l'action humanitaire. Aussi bien pour le combat identitaire que pour le combat contre l'obscurantisme, la femme algérienne a été encore une fois aux avant-gardes de la lutte. Le tribut payé a été lourd. Des femmes égorgées, décapitées et massacrées à coups de hache par les hordes terroristes. La paix revenue, elle se rétracte...en attendant le prochain rendez-vous avec l'Histoire. Repliée sur elle-même, prostrée sous le poids d'une domination masculine paralysante et souvent croulant sous le poids des traditions, l'Algérienne n'a pas pour autant abdiqué. La preuve a été éclatante puisqu'elle s'est encore une fois manifestée hier.
Animée d'un souffle nouveau, elle repart au combat comme l'avaient fait ses prédécesseurs il y a de cela des siècles. Et les figures héroïques sont nombreuses: de Tin Hinan à Dihia, de Fatma n'Soumer à Hassiba ben Bouali et Djamila Bouhired. Qui se rappelle encore de Nabila Djahnine, présidente de l'association Tighri n Tmetoth, et de toutes ces femmes victimes de la barbarie coloniale et terroriste?
Hier, nos mères, nos femmes, nos filles, nos soeurs, nos grands-mères, nos collègues et amies ont basculé dans le combat pacifique et balayé toutes les réticences. Elles donnent un sens pour un combat, de la fascination à une jeunesse et un rêve pour des lendemains qui chantent...

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