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RETRAIT DES DÉPUTÉS DU FFS DE L'APN ET DU SÉNAT

Vraies démissions ou effet d'annonce?

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L'annonce a été faite en grande pompeL'annonce a été faite en grande pompe

Annoncer sa démission de l'APN via les journaux et les chaînes de télévision peut se faire sans pour autant qu'il y ait de véritable et concret retrait au niveau administratif.

La cascade de démissions annoncées en grande pompe dans les rangs de plusieurs partis politiques, à l'APN, au Sénat et même au niveau des Assemblées populaires communales, depuis le début de la révolte populaire, le 22 février dernier, avaient-elles pour objectif un effet d'annonce seulement? Sont-elles vraiment accompagnées d'un véritable dépôt de démission «administrative»? Annoncer sa démission de l'Assemblée populaire nationale via les journaux et les télévisions peut se faire sans pour autant qu'il y ait de véritable et concret retrait au niveau administratif; les députés pourront de ce fait continuer de percevoir leurs salaires tout en ayant tenté de gagner la sympathie des centaines de milliers de citoyens qui manifestent dans les rues algériennes.
L'objectif de ces démissions n'est autre que de tenter de convaincre les manifestants de la «bonne foi» des démissionnaires et de leur soutien en ces moments très particuliers. De par le passé, de nombreux élus à l'APN et au Conseil de la nation avaient annoncé publiquement qu'ils démissionnaient des Assemblées en question, mais après coup, nous avions découvert qu'au plan administratif, les concernés n'avaient jamais déposé de démission de manière officielle. Ils ont de ce fait continué à percevoir leurs salaires jusqu'à épuisement de leur mandat de cinq ans ainsi qu'à bénéficier de tous les avantages y afférents. Cette fois-ci encore, on assiste au scénario des démissions publiques. Au FFS, Ali Laskri a annoncé la démission de l'ensemble des députés et des membres du Conseil de la nation ayant les couleurs du plus vieux parti d'opposition. L'annonce a été faite en grande pompe le jour- même de la tenue des grandes marches du 8 mars 2019. Mais à peine l'annonce effectuée via les médias, qu'une polémique a vite éclaté concernant la véracité de cette information. Cette dernière a été livrée par Ali Laskri, l'un des membres du présidium et l'un des personnages les plus influents du parti. Après, coup, d'autres membres de la direction du FFS ont révélé qu'il s'agit d'une décision prise en solo par Ali Laskri sans la consultation ni des concernés ni des autres membres du présidium. Ce qui a engendré une précipitation des événements dans le parti, déjà en proie à une grave crise. Mohamed Hadj Djilani a été limogé juste après et remplacé par Mehenni Haddadou, un autre cadre du parti qui occupait jusque-là le poste de président de l'APW de Béjaïa. On constate bien avec quelle légèreté sont prises ces décisions inhérentes aux démissions (vraies ou supposées) dans la précipitation juste pour donner l'impression d'accompagner un mouvement populaire qui échappe pourtant totalement au contrôle de tous les partis dits d'opposition.
A l'instar de la vraie fausse démission des députés et autres sénateurs du FFS, on se demande d'ailleurs qu'en est-il des autres «démissions» annoncées par des députés d'autres partis comme le FLN, des membres du Forum des chefs d'entreprise ou encore des maires de certaines communes? Quel est l'objectif recherché par ces démissions médiatiques? Leurs auteurs agissent-ils de leur propre gré ou leur recommande-t-on d'agir ainsi? Autant de questions qui restent sans réponse. Mais la question la plus importante reste celle-ci: pourquoi aucun des élus et responsables en question n'avait-t-il pas démissionné avant le 22 février 2019?
Une démission avant la sortie dans la rue du peuple aurait eu, sans doute et incontestablement, une crédibilité et une portée symbolique bien plus authentique.

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