BÉJAÏA ÉTAIT, HIER, UNE VILLE MORTE

Le mot d'ordre largement suivi

L'ADE solidaire
L'ADE solidaire

Exception faite des officines pharmaceutiques et de l'aéroport, l'activité économique, administrative et commerciale, était, hier, totalement paralysée dans la wilaya de Béjaïa par le mouvement de grève national décrété pour une durée de quatre jours.

Les habitants de la wilaya de Béjaïa ont massivement suivi hier le mot d'ordre de grève décrété dans la cadre de la contestation en vigueur depuis le 22 février au niveau national. Hier, toutes les administrations publiques et les entreprises publiques et privées étaient à l'arrêt. Rien n'a fonctionné.
Alors que la veille, les habitants étaient dans l'expectative, ne savant pas comment s'y prendre face à l'appel à cette grève, le matin tout est, pour ainsi dire, rentré dans l'ordre. Situation tout à fait normale. Les travailleurs, les écoliers n'étaient pas sûrs que le mouvement deviendrait une réalité d'autant plus que les citoyens étaient la veille autant dans leurs discussions publiques que sur les réseaux sociaux partagés sur la nécessité de ce mouvement, «porteur de risques, non seulement de division, mais aussi de dérapage». Au petit matin, une légère activité prenait forme avant que celle-ci ne cesse d'un seul coup. Les rares cafetiers et kiosques qui avaient ouvert, ont vite baissé leurs rideaux. Les travailleurs des entreprises publiques désertaient leurs lieux de travail sans avoir même commencé l'activité. Les banques, les administrations financières, la cour de justice, les tribunaux, la SDE, l'Algérienne des eaux, les APC, les daïras, les écoles, les collèges et les lycées n'ont même pas ouvert leurs portes, exception faite de quelques écoles primaires. Le port de Béjaïa et les entreprises qui y activent, ont vu leurs employés se rassembler devant les portails scandant les slogans du mouvement. Les chérubins se sont même permis de manifester bruyamment dans les rues de Béjaïa en quittant leurs écoles. Les recoupements d'informations en notre possession indiquent que dans les autres villes de la wilaya et les villages, l'activité était au point mort. A Akbou, la zone industrielle Taharachth, où sont implantées les grandes entreprises de l'agroalimentaire, a été aussi paralysée
Dans la rue, les gens circulaient sans soucis. Sur leur visage ne se lisait aucune inquiétude. Bien au contraire, tous semblent se satisfaire de la situation avec toutefois quelques craintes soulevées par-ci, par-là, notamment face à la durée du mouvement. Certains estiment, en effet, qu'une journée ou deux suffiraient pour appuyer les manifestations hebdomadaires du vendredi et mardi. D'autres évoquent les pénuries probables en approvisionnement, ce qui, à leurs yeux, peut déteindre un peu sur le mouvement. Bref, la ville de Béjaïa et ses différentes localités et villages étaient paralysés.