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BOUTEFLIKA DE RETOUR, HIER, AU PAYS

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Le Président BouteflikaLe Président Bouteflika

C'est dans un climat mi- figue, mi-raisin que le président de la République regagne le pays, à trois jours du verdict du Conseil constitutionnel sur sa candidature et en pleine atmosphère «lourde» où l'inquiétude est montée de plusieurs crans.

Le président de la République est rentré, hier, à Alger, après une quinzaine de jours passés à Genève. Parti pour des examens médicaux, le chef de l'Etat a vécu deux semaines «denses» loin du pays. En prenant l'avion en direction de la capitale helvétique, le Président Bouteflika avait pris acte de la fameuse marche du 22 février qui a fait basculer le pays dans une «nouvelle ère». Premier magistrat du pays, Bouteflika a certainement veillé à ce que les manifestations qui s'étaient déclarées dans la majorité des villes du pays, ne fassent pas l'objet de répression. Mais les Algériens ne s'étaient pas privés de dire ce qu'ils pensaient de l'intention du président de se présenter à sa propre succession. Alors qu'il se trouvait encore en Suisse, des milliers de citoyens ont investi par trois fois, au moins, la rue. Les mardis des étudiants, du 26 février et du 5 mars, ont chevauché celle du 1er mars où il devenait très évident que la détermination de l'opinion publique était clairement renforcée. Une nette impression confirmée par les marches nocturnes, en réaction au dépôt de son dossier de candidature par son directeur de campagne, Abdelghani Zalène. Le président de la République s'est adressé le jour-même aux Algériens, soulignant sa ferme intention de quitter le pouvoir après une année d'exercice. Les Algériens ont signifié plus massivement encore que les autres fois leur refus du 5e mandat, un certain 8 mars.
Le tableau que présente l'Algérie est certes «illuminé» par les marques de civilité et de pacifisme qui ont étonné la planète, mais recèle néanmoins quelques inconnues, qui ne plaident pas forcément en faveur d'une évolution positive de la situation actuelle. En effet, le «monstre anonyme» dicte son agenda aux citoyens, jusqu'à les amener à adopter une forme de lutte quasi suicidaire: la grève générale et la désobéissance civile. C'est donc dans ce climat mi- figue, mi-raisin que le président de la République regagne le pays, à trois jours du verdict du Conseil constitutionnel sur sa candidature et en pleine atmosphère «lourde» où l'inquiétude est montée de plusieurs crans. Il faut dire qu'il n'aura pas le temps de retourner la situation. Il est devant trois choix et autant de scénarios probables, intimement liés à la décision qu'il prendra dans les tout prochains jours.
La première option consiste à ne pas reculer et aller jusqu'au bout de son actuel mandat et solliciter le suffrage des électeurs. Dans ce cas, le président-candidat a la loi pour lui. En cas de validation de sa candidature par le Conseil constitutionnel, le seul obstacle à sa réélection ne pourrait être qu'une sanction électorale, dans le strict respect de la Constitution. Cette thèse est actuellement la plus vraisemblable si l'on tient compte de l'activité de son directeur de campagne qui a réuni, hier à Alger, les responsables de la Direction de campagne au niveau des régions. Il a indiqué à cette occasion que le calendrier électoral est maintenu et que le président Bouteflika sera bien candidat. Ce scénario engage quelques incertitudes, notamment le climat de la campagne électorale et une possibilité de radicalisation du mouvement anti-cinquième mandat. Il serait trop prétentieux d'imaginer le succès ou l'échec d'une pareille démarche.
Il reste cependant que cette option peut parfaitement ne pas se concrétiser, si le président de la République estime que la «voix» des Algériens est suffisamment claire. Il pourrait décider d'éviter au pays un climat électrique et confier la mission de la transition générationnelle au prochain président, en prenant sur lui de démissionner de son poste.
Cela ouvrirait la voie à un processus constitutionnel qui rendrait caduque la présidentielle du 18 avril prochain, puisque la démission présidentielle est régie par d'autres articles de la Constitution. Cela invaliderait le processus électoral actuel et donnerait au pouvoir et à l'opposition un délai de plus de 4 mois pour préparer une nouvelle élection. Une option intermédiaire pourrait être envisagée, à l'initiative d'ailleurs de l'opposition qui avait imaginé une période de transition «hors Constitution», le temps de mettre en place de nouveaux mécanismes garantissant une succession ou une alternance «apaisée». Il faut dire que chaque scénario a ses qualités et ses défauts. Le seul habilité à trancher entre les trois est le président de la République.

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