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BOUIRA

La wilaya paralysée

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La totalité des commerces a baissé ses rideauxLa totalité des commerces a baissé ses rideaux

Les commentaires fusaient et unanimement condamnaient la décision du ministre Hadjar d'avancer le départ en vacances...

La grève générale décrétée a été largement suivie dans la totalité des villes de la wilaya de Bouira. A l'exception des artisans boulangers et des officines pharmaceutiques, la totalité des commerces a baissé ses rideaux. Un service minimum a été assuré dans l'ensemble des structures sanitaires de proximité ainsi qu'au niveau des établissements publics hospitaliers mais aussi au niveau des stations Naftal. Le mot d'ordre a aussi touché les établissements scolaires où les élèves ont déserté les bancs pour improviser des marches à travers les artères du chef-lieu de la wilaya. Malgré la ferme décision de la direction de l'éducation qui a exigé des directeurs d'établissements l'obligation de garder les élèves, la masse juvénile a forcé les portes pour investir la rue. Là il faut toutefois regretter le comportement de certains enseignants qui ont rejoint les classes vides et bénéficié ainsi d'un salaire immérité. Aux yeux de la loi, ces fonctionnaires ne sont pas en grève, mais concrètement ils n'ont pas travaillé. «Ces comportements hypocrites aussi sont à bannir et à condamner» nous confie un parent d'élève venu s'enquérir de la situation dans un lycée de Bouira-ville. Les administrations publiques qui ont ouvert leurs portes sont restées désertes et dès 11 heures plusieurs services ont fermé et les employés ont quitté leurs lieux de travail alors que d'autres comme la cour étaient closes dès 8h du matin.Avant la grève on a assisté à une vraie ruée sur les produits largement consommés. Cette façon de faire a vite créé une rupture de stock pour bon nombre de commerçants. Les supérettes et les magasins de semoule et autres épiceries ont été la destination de citoyens qui ont fait des réserves en prévision d'une grève qui, si elle venait à durer, mettrait le pays dans un chaos total. En face et comme à son accoutumée, les pouvoirs publics optent pour un silence radio en donnant l'impression de vouloir laisser faire. Ni les élus locaux ni ceux qui siègent dans les institutions nationales n'ont à ce jour donné signe de vie. Les centaines d'associations qui gravitent autour de l'administration et bénéficient chaque année de subventions sont restées muettes et invisibles depuis le 22 février dernier. A l'université aussi, la situation était électrique hier matin. Les commentaires fusaient et unanimement condamnaient la décision du ministre Hadjar d'avancer le départ en vacances. Les étudiants et étudiantes ont occupé le campus refusant l'intégralité du communiqué qu'ils qualifient d'une énième provocation. La grève a aussi touché le secteur des transports. Aucun bus urbain ou suburbain n'a roulé depuis et vers Bouira. «Ce débrayage demeure une cause principale du fort taux d'absentéisme constaté dans plusieurs administrations» nous informe un directeur. Dans les zones rurales, même le transport scolaire n'a pas été assuré obligeant les parents à garder leurs enfants chez eux. Eu égard à la situation de plus en plus difficile, le président de l'Assemblée populaire de wilaya vient de communiquer la décision du report de la première session ordinaire de cette assemblée, prévue aujourd'hui, à une date ultérieure. Concernant l'ambiance générale, hier on remarquait l'inquiétude sur le visage de beaucoup de citoyens. «Que nous réserve l'avenir?» commente Rabah un syndicaliste autonome. Yakoub est un fils de chahid, nous interpelle directement et nous demande de transmettre son message. «Sur les affiches annonçant l'organisation de l'élection du 18 avril, il est clairement inscrit ensemble pour l'Algérie. Dites à ceux qui nous commandent que le peuple a dit son mot. Écoutez-le. Partez dans la discrétion comme vous êtes venus. L'Algérie a existé avant vous et existera après vous. De grâce rendez-nous notre patrie.»

FLAMBéE DES PRIX
Dès l'annonce de cette grève générale, des commerçants ont revu à la hausse leurs prix. Concrétisant cet adage qui dit «le malheur des uns fait le bonheur des autres», ces mercantiles d'une autre époque ont re-lifté leurs affichages augmentant les prix de plusieurs dinars. Parce que la demande était immense suite à la panique qui s'est emparée des citoyens, les fruits et légumes, les produits à forte consommation ont vite flambé. Même si le peuple algérien tout au long des marches a donné un réel exemple de civisme au monde entier, il reste des énergumènes qui n'ont ni foi ni loi. Le peuple reste l'éternelle victime.

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