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Le chantier post-révolte

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Le chantier post-révolte

Le cri juvénile a été strident. Il a retenti aux quatre coins de la planète. Il appartient maintenant aux Algériens de lui donner du sens.

Que faire? Comment faire? Et avec qui? La révolte contre le cinquième mandat de Bouteflika et pour le départ du régime a été menée par des jeunes qui ne sont pas spécialement préparés aux luttes claniques, dans lesquelles ils étaient de toute manière exclus, et aux intrigues de salon qui ont toujours réglé la vie politique nationale.
Quand l'entourage de Bouteflika parle de décennie et des réalisations d'il y a 20 ans, ils ne faisaient en réalité que flatter leur égo. Les jeunes qui manifestent dans les rues, eux parlent de demain, ou tout au moins de l'immédiat. Ils ne connaissent rien de cette décennie rouge ou noire. Il y a là, un grave clivage générationnel. Une cassure idéologique, politique et sociétale dans l'Histoire de l'Algérie indépendante. On n'a pas vu le torrent arriver, on a longtemps pensé que cette jeunesse déformée par une école sinistrée, étouffée par une société archaïque est définitivement anesthésiée par les effluves du haschisch marocain. Elle est en totale rupture avec la réalité du pays, croyait-on, naïvement.
Faux! répond à l'unisson la rue, un jour de printemps 2019.
Une génération qui a assisté sidérée à la dilapidation des richesses nationales et au délitement du pays sans que les responsables de pareils actes ne soient inquiétés. Pis encore, ils faisaient dans la provocation. Le cas de l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khelil est éloquent. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis en 2013 par la cour d'Alger, M. Khelil est rentré au pays en mars 2016 sans rendre le moindre compte à la justice algérienne ne serait-ce que pour la forme.
Suprême provocation, il a été accueilli au salon d'honneur de l'aéroport Ahmed Ben Bella par Abdelghani Zalène qui était wali d'Oran à cette époque.
Cette même jeunesse n'a pas cessé de livrer de très graves signaux de détresse. Ils fusaient, entre autres, des chants qui retentissaient dans les stades à chaque rencontre de football, des marches des médecins résidents, violemment réprimées et des chaloupes de la mort transportant des milliers de nos jeunes pour mourir au milieu des flots.
La révolte étant entendue et appréciée, il va falloir maintenant organiser la riposte. A ce titre, la tâche sera ardue et très difficile.
L'histoire de la guerre de libération (1954- 1962), la révolte du FFS en 1963, le printemps berbère d'avril 1980, la révolte du 5 octobre 1988, et plus récemment le printemps noir de Kabylie, sont des moments clés de notre histoire qui à chaque fois nous livrent un message fort: Il ne suffit pas d'avoir le courage, la bravoure et la volonté de déclencher un combat pour s'assurer de son émancipation.
Encore faut-il pouvoir donner du sens et de la perspective à ce combat tout en restant fidèle à ses engagements. Vaste chantier est celui qui attend l'Algérie dans les semaines ou les mois à venir...

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