LA GRÈVE N'A PAS IMPACTÉ LES PRIX

Le marché tient bon

Dans certains marchés, les prix ont même baissé
Dans certains marchés, les prix ont même baissé

La grève initiée, hier, par de nombreux commerçants, n'a pas touché tous les marchés de gros de la capitale. Du moins pas les plus communs.

Léger frémissement des prix. La grève à laquelle ont appelé les réseaux sociaux n'a pas impacté les prix. Bonne nouvelle pour les ménages en cette période d'incertitude, mais pour combien de temps.
La grève initiée, hier, par de nombreux commerçants, n'a pas touché tous les marchés de gros de la capitale. Du moins pas les plus communs. En ce qui concerne les prix des fruits et légumes, contrairement aux rumeurs propagées sur une éventuelle augmentation d'au moins 30.000 DA sur le prix initial, les tarifs affichés au niveau des quartiers populaires tels qu'El Harrach ou encore Bachdjarrah n'ont connu aucune hausse significative. C'est ce qui a été constaté lors d'une virée matinale à ces deux endroits. Au marché de Bachdjarrah, l'affluence des citoyens est grande, peut-être même un peu plus que d'ordinaire. Les étals étaient pris d'assaut par les citoyens, qui s'amassaient tout le long pour s'enquérir des prix et acheter des quantités impressionnantes de légumes et de fruits. Sans doute par peur d'une pénurie au cas où les marchés viendraient à répondre à l'appel de grève lancé sur Internet.
Les prix affichés sur différents produits sont plus ou moins raisonnables, notamment pour les produits de base. A titre d'exemple, la pomme de terre est vendue à seulement 50 DA le kilogramme, tandis que la tomate est proposée à 120 DA le kilo. Exception faite de trois ou quatre étals vides, pratiquement tous les marchands étaient au rendez-vous hier matin en ce lieu.
En revanche, du côté du marché couvert d'El Harrach, les prix des fruits et légumes sont en considérable hausse par rapport à ceux du premier marché. La pomme de terre est là, cédée à 70 DA le kilo, tandis que la tomate a atteint 160 DA le kilo. Cela nous dit-on n'a rien à voir avec l'annonce de cette fameuse grève générale d'une semaine, mais que ces produits sont vendus aux mêmes prix depuis un moment maintenant.
Par ailleurs, il faut rappeler que l'annonce de la tenue d'une grève générale de quatre jours a incité certains commerçants (alimentation générale, supérettes, supermarchés...) à opérer des augmentations caractéristiques sur divers produits qu'ils proposent. Cela a été le cas dans quelques wilayas à l'instar d'Oran, où les produits alimentaires ont fait l'objet d'une hausse allant de 5 à 40 DA.
S'exprimant dernièrement sur le sujet, le président de l'Association nationale des commerçants et artisans, Hadj Tahar Boulenouar avait rejeté l'idée que son organisation participe à cette grève générale. Celui-ci a estimé qu'il était possible pour les commerçants d'appuyer le mouvement de contestation populaire, sans pour autant toucher la capacité du citoyen à se ravitailler en nourriture et autres. Car d'après lui, c'est de ça que naîtra certainement la spéculation. Le président de l'Association des commerçants a, par ailleurs, appelé l'ensemble des commerçants à ouvrir leurs magasins, sans quoi, seul le citoyen en pâtira, ajoutant enfin qu'une grève de cinq jours aura un effet néfaste sur le mouvement de protestation pacifiste en cours.