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ANNONCÉE PAR LE PRÉSIDENT DANS SON MESSAGE À LA NATION

De quoi sera faite la nouvelle République?

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Le siège de la présidenceLe siège de la présidence

C'était le scénario qui avait été agréé par des observateurs sagaces, estimant qu'il assurera une sortie honorable pour le Président Bouteflika.

Nouvelle piste pour désamorcer la grave crise dans laquelle s'est engouffré le pays depuis trois semaines. Dans un message adressé à la Nation, le président Bouteflika a annoncé, hier, le report de l'élection du 18 avril prochain et sa décision de ne pas briguer un 5ème mandat à la magistrature suprême.
C'était le scénario qui avait été agréé par des observateurs sagaces, estimant qu'il assurera une sortie honorable pour le Président Bouteflika. Il pourra ainsi appliquer scrupuleusement sa feuille de route contenue dans sa lettre adressée au peuple algérien, le 3 mars dernier, mais avec un léger remaniement.
Ce chamboulement profond était déjà dans l'air depuis le retour de Bouteflika de son séjour médical en Suisse qui a duré 13 jours. Il est rentré avec un agenda précis. Il confie le poste de Premier ministre, au ministre de l'Intérieur Nouredine Bedoui, secondé par un vice- Premier ministre, un poste fraîchement créé qu'occupera Ramtane Lamamra également nommé ministre des Affaires étrangères. Pour reporter cette échéance électorale, le Président ne s'est pas encombré d'artifices juridiques, mais n'a fait que «satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m'adresser».L'article 105 de la Constitution qui stipule: «En cas de nécessité impérieuse, le Haut Conseil de Sécurité réuni, le Président du Conseil de la Nation, le Président de l'Assemblée populaire nationale, le Premier ministre et le Président du Conseil constitutionnel consultés, le Président de la République décrète l'état d'urgence ou l'état de siège, pour une durée déterminée et prend toutes les mesures nécessaires au rétablissement de la situation.». A-t-il enfreint la procédure? Ou s'agit tout simplement de faire prévaloir la noble finalité des dispositifs juridiques? Pour le chef de l'Etat, cette finalité réside «dans une saine régulation de la vie institutionnelle et dans l'harmonie des interactions socio-politiques». Il faut attendre maintenant l'impact de ces décisions sur la rue. Vont-elles apaiser les tensions? La situation va-t-elle se calmer? Il s'agit du plus grand chantier ouvert depuis l'indépendance du pays. Dans cette tâche dure et épineuse, le nouveau Premier ministre, Nouredine Bedoui n'ira pas seul au charbon. On annonce la présence à ses côtés d'un homme d'expérience et à la stature internationale: s'agit-il de l'ancien ministre des Affaires étrangères Lakhdar Brahimi? Ce dernier est annoncé pour jouer un rôle majeur pour la mise en oeuvre de cette transition souhaitée par le peuple. Homme crédible, respecté des Algériens et écouté par les chefs d'Etat des grandes puissances, Brahimi devrait mener sans encombre le navire Algérie jusqu'à la tenue d'une élection présidentielle une fois les conditions réunies. Une transition qui verra un changement radical, revendiqué par la rue qui a surtout réclamé la disparition des figures politiques actuelles au profit d'une nouvelle dynamique politique et sociale. Ainsi, on aura réglé le problème en balisant la voie à une nouvelle République. L'Algérie, qui a fait l'une des plus belles révolutions au monde, a servi d'exemple et montré la voie aux peuples opprimés à se libérer. Elle a raté le double virage de l'Histoire en 1962 pour se perdre dans la dictature du parti unique avant de sombrer en 1992 dans les méandres du terrorisme islamiste. En 2019, l'Algérie émerveille la planète à qui elle livre des leçons de pacifisme unique dans les annales de la lutte des peuples qui veulent reprendre leur destin en main. C'est cette Algérie qui prenait, qu'il faut préserver. Il convient alors de donner du sens et de la perspective à ce combat mené par la jeunesse à travers le pays. Un vaste chantier qui secrétera l'Algérie nouvelle, qui va naître dans les semaines à venir.

Le poste de vice-Premier ministre créé
Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a signé, hier, deux décrets présidentiels, dont l'un portant création de poste de vice-Premier ministre, indique un communiqué de la présidence de la République. Le premier décret présidentiel «rapportant les dispositions des décrets présidentiels No 19-08 du 17 janvier 2019, portant convocation du corps électoral en vue de l'élection du président de la République».
Le second décret présidentiel porte sur la création de la fonction de vice-Premier ministre.

Le Président Bouteflika reçoit Gaïd Salah
Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a reçu, hier à Alger, le vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP), le général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah. Lors de cette audience, M. Gaïd Salah a présenté un rapport sur la situation sécuritaire au niveau national, notamment au niveau des frontières.

La France «salue» la décision de Bouteflika
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, «salue» la décision du président algérien Abdelaziz Bouteflika de ne pas briguer un 5e mandat et de «prendre des mesures pour rénover le système politique algérien», dans un communiqué transmis hier à l'AFP. «Au lendemain des grandes manifestations qui se sont déroulées dans le calme et la dignité à travers toute l'Algérie, la France exprime l'espoir qu'une nouvelle dynamique à même de répondre aux aspirations profondes du peuple algérien puisse s'engager rapidement», ajoute le ministre dans son communiqué.

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