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NOMMÉ, HIER, EN REMPLACEMENT DE AHMED OUYAHIA

La délicate mission de Nouredine Bedoui

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La délicate mission de Nouredine Bedoui

Bedoui prend ses fonctions dans un contexte inquiétant de grève générale. Son équipe devra faire montre d' «ingéniosité» pour amener les Algériens à une posture moins «radicale».

Ahmed Ouyahia a présenté, hier, sa démission au président Bouteflika. Le chef de l'Etat qui l' a remercié «pour les efforts déployés durant l'exercice de ses fonctions», a nommé Nouredine Bedoui comme Premier ministre et l'a chargé de former un nouveau gouvernement. Le président de la République qui a reçu les deux hauts responsables à tour de rôle, a également accordé en même temps qu'à Bedoui, une audience à Ramtane Lamamra. Ce dernier s'est vu confier le poste de vice-Premier ministre dans la nouvelle équipe que formera le désormais nouveau Premier ministre. Il sera en plus, en charge du portefeuille des Affaires étrangères. Cette configuration gouvernementale, inédite dans l'histoire du pays, a nécessité la promulgation, par le chef de l'Etat, d'un décret portant création du poste de vice-Premier ministre. De fait, on peut aisément imaginer l'importance qu'accorde le chef de l'Etat à l'action diplomatique dans la conduite de la phase de transition. Le nouveau gouvernement aura donc, une sorte de priorité qui consiste à se projeter à l'international. On peut, là aussi, deviner les interrogations auxquelles Lamamra devra répondre, avec toute l'expérience et l'expertise, dont il dispose, pour rassurer l'ensemble des pays partenaires de l'Algérie. En nommant lui-même, le vice-Premier ministre, le chef de l'Etat signifie à l'opinion internationale tout l'intérêt qu'il accorde à une démarche explicative, destinée certainement à éviter toute mauvaise lecture de la période de transition, de quelque nature qu'elle soit. Le nouveau Premier ministre, ainsi «soulagé» de l'aspect international de la gouvernance, s'attellera à monter une équipe de technocrates avec des profils assez pointus, destinée expressément à donner le change à l'opinion nationale. Il va de soi que toute l'équipe anciennement drivée par Ahmed Ouyahia sera remerciée et remplacée par de nouveaux visages qui sauront parler à la société, actuellement traversée par une dynamique sans précédent depuis l'indépendance du pays. Le défi de Bedoui sera de remettre de l'ordre dans quelques secteurs touchés par l'annonce impromptue du ministre de l'Enseignement supérieur, par rapport aux vacances universitaires. Les universitaires attendent avec un pied ferme le remplaçant de Tahar Hadjar. Sur un autre plan, Bedoui prend ses fonctions dans un contexte de grève générale assez inquiétant, avec des appels au débrayage dans des secteurs sensibles. Son équipe devra faire montre d' «ingéniosité» pour amener les Algériens à une posture moins «radicale» sur des questions liées à la gouvernance. Il ne sera certainement pas question de convaincre les Algériens de renoncer aux manifestations à répétition, mais d'ouvrir un débat fécond entre les pouvoirs publics et la société.Ce sont des ministres dynamiques et «intelligents» qui pourront créer cette connexion qui a manqué dans l'équipe de Ahmed Ouyahia.

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