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RÉACTIONS DE L'OPPOSITION À LA FEUILLE DE ROUTE DU PRÉSIDENT

"Elle ne correspond pas aux demandes du peuple"

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«Seule la poursuite de la mobilisation pacifique est à même d'empêcher toute manoeuvre...»

L'opposition est très sceptique et rejette catégoriquement la feuille de route de Bouteflika. Par conséquent, elle appelle à une mobilisation encore plus importante pour le vendredi 15 mars face au niet catégorique opposé par le président à une mobilisation historique qui demande son départ et celui du système qu'il incarne.

Anticonstitutionnelle
Dans ce contexte, le président de Talaie El- Hourriyet, Ali Benflis, a qualifié «les annonces faites par Bouteflika d' «un coup de force» et une prolongation du 4e mandat par les forces «non constitutionnelles». «L'Algérie vient de connaître et de vivre une violation flagrante de la Constitution à travers l'annonce d'une prolongation du quatrième mandat qui a été le mandat des forces non constitutionnelles», est-il noté. Avec cette autre violation de la Constitution, «ces forces non constitutionnelles vont continuer à dominer la décision politique, sans autorisation de la part du peuple», ajoute-t-on.

Une prolongation illégale
Pour sa part, le RCD estime, dans un communiqué, que «l'heure est grave». Le parti de Mohcine Belabbas appelle les acteurs politiques et sociaux à «une riposte en mesure de laffront infligé à la Nation». Il estime que «la démission du chef de l'Etat et l'incarnation de la fonction présidentielle par un comité de sages est la voie la moins risquée pour ouvrir une période de transition gérée par un gouvernement de salut national chargé des affaires du pays et l'installation d'une commission nationale indépendante d'organisation des élections».
«Le but est d'élaborer une Constitution conforme aux aspirations du peuple algérien à la paix, la démocratie et le progrès économique et social ainsi que l'élection des représentants des populations aux différents organes prévus dans cette nouvelle Constitution», est-il soutenu.
«La nomination d'un fidèle au poste de Premier ministre et le rappel d'un bon démarcheur au plan international pour un poste de vice-Premier ministre sont des signes qui ne trompent pas sur un projet d'une vaine reprise en main devant la détermination des populations et de corporations entières», est-il indiqué.

La France inquiète
Le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, dénonce le soutien de la France officielle au régime Bouteflika. «La France ne veut pas de démocratie, elle a besoin de serviteurs», a-t-il soutenu.
«La première partie est gagnée. Il ne faut pas arrêter la mobilisation de la rue. Il n'est pas question que la Présidence actuelle se prolonge jusqu'à la fin de 2019 a-t-il estimé. Pour le PT, «seule la poursuite de la mobilisation pacifique est à même d'empêcher toute manoeuvre visant à contourner la souveraineté du peuple, à imposer la réalisation de tous ses objectifs démocratiques, économiques et sociaux».
«La prolongation du 4ème mandat traduit une volonté de travestir la volonté de l'écrasante majorité du peuple de se libérer du système»,indique-t-on. Ce parti, qui plaide pour la convocation d'une Assemblée constituante, considère que la conférence nationale non élue, ne peut pas incarner la volonté populaire. Le MSP qualifie les décisions du président de «contournement de la volonté populaire». Il a affirmé dans un communiqué que «les annonces du président Bouteflika ne correspondent pas à l'initiative qu'il a proposée auparavant à la présidence et à l'opposition».
La politologue Louisa Dris-Aït Hamadouche a indiqué hier, à l'AFP, que «la feuille de route du chef de l'Etat, est une reproduction des propositions de la lettre du 3 mars dans laquelle il annonçait sa candidature».

Plus de légitimité après le 28 avril
«A la place du 5e mandat, il prolonge son 4e mandat, ce qui pose un problème juridique important. A partir du 28 avril, il ne pourra plus assumer légalement ses pouvoirs, il ne peut donc pas être légalement le garant du processus (de transition, ndlr) qu'il se propose d'amorcer. Il est également étrange qu'il ait écrit dans sa dernière lettre qu'il ne voulait pas briguer un 5e mandat. Soit il n'était pas au courant que sa candidature avait été déposée au Conseil constitutionnel, soit ce n'est pas lui qui a écrit la dernière lettre. Cela pose certaines questions.»

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