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LA DÉCISION SUSCITE MOULT INTERROGATIONS ET PROVOQUE LA PANIQUE DANS LA RUE

La Constitution est muette sur le report de la présidentielle

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Les manifs se succèdentLes manifs se succèdent

Le report comme la Constitution le stipule, ne se fera que si le pays est en état de guerre. Est-ce que le pays fait face à une guerre comme cela est connu dans le lexique juridique de droit constitutionnel?

La décision du report de l'élection présidentielle du 18 avril prochain par le président sortant, Abdelaziz Bouteflika n'a pas apporté des réponses qui s'imposent en termes de solutions concrètes telles quelles sont attendues de la part des pans entiers de la société algérienne.
Les mesures ont été prises et exprimées à travers la lettre d'avant-hier où le report était le maître-mot de toute la démarche politique qui a été annoncée par le président sortant après 20 ans de règne. Les mesures qui ont trait au changement de la tête du gouvernement et la démission du désormais ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia et son remplacement par Nouredine Bedoui et la création du poste de vice-Premier ministre dont Ramtane Lamamra assurera la mission, tous ces changements n'ont pas d'argument constitutionnel qui les justifie du point de vue relevant de la jurisprudence constitutionnelle. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la décision prise par le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, à savoir le report de l'élection présidentielle de 18 avril n'a pas d'artifice constitutionnel qui la motive, c'est ce que les constitutionalistes qualifient de décision «extra-constitutionnelle». Et par ricochet une décision qui n'existe pas dans la Constitution en vigueur. La spécialiste de droit constitutionnel, Fatiha Benabou souligne par rapport au cas qui se présente actuellement, à savoir le report de la présidentielle, qui a été annoncé par Bouteflika, que «il n'y a pas de base légale pour reporter l'élection. En cas de crise politique, la Constitution algérienne est partiellement ineffective», c'est dire que la lecture constitutionnelle de la décision prise par le président de la République est en opposition claire et nette avec les fondements légaux de la Constitution. Le report comme la Constitution le stipule, ne se fera que si le pays est en état de guerre. Est-ce que le pays fait face à une guerre comme cela est connu dans le lexique juridique de droit constitutionnel?
La conférence nationale inclusive, qui sera conduite par une personnalité d'envergure nationale, indépendante, consensuelle et expérimentée fixera souverainement la date de l'élection présidentielle à laquelle je ne serai en aucun cas candidat». l'imbroglio persiste quand on constate que beaucoup de zones d'ombre entourent cette démarche qui ne détermine pas la date de la prochaine élection présidentielle. D'ailleurs, même le message du président sortant ne se réfère à aucun texte de loi ou un article de la Constitution pour étoffer et donner plus d'arguments quant à cette rallonge qui prête à confusion du point de vue juridique. C'est aussi la lecture du professeur de droit constitutionnel, Walid Laggoune qui abonde dans ce sens, lié à la mesure qui a trait au report de l'élection présidentielle en soulignant que «Si on arrive à reporter les élections, cela veut dire que nous sommes dans une impasse», et d'ajouter que «Il ne s'agit pas d'un consensus entre acteurs politiques, même s'ils seront amenés à discuter, mais ils doivent le faire sur un fondement essentiel qui est l'expression populaire telle qu'elle a été formulée depuis 3 vendredis», si on se réfère à cette lecture, on pourrait déduire que la décision du report de l'élection présidentielle par le président sortant n'est pas celle qui correspond aux attentes et aux aspirations des larges couches de la population.

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