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BÉJAÏA

Marée humaine dans la ville

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Le vendredi qui, habituellement, était une journée triste, est devenu pour la quatrième fois de suite une journée de fête, de mobilisation, de joie et de dignité à Béjaïa.

Des milliers de personnes, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, en famille ou entre amis, ont réinvesti encore, hier, la rue pour dire non aux propositions de sortie de crise, faites par les tenants du pouvoir. Incontestablement, l'offre faite lundi dernier à travers la nomination de Bedoui et de Lamamra aux postes respectifs de Premier ministre et de vice-Premier ministre appuyé par le retour de Lakhdar Brahimi n'a pas été agréée par la rue de Béjaïa. Ces derniers ont été pris à partie par les milliers de manifestants qui leur demandent de dégager à leur tour». Même la France officielle n'a pas été en reste. Macron est cité pour la première fois par les manifestants qui lui demandent, en substance, «de s'occuper de ses oignons».
Dans une ambiance de fête, colorée et interactive, des milliers de marcheurs toutes catégories confondues, ont réaffirmé, hier, à Béjaïa leur détermination à faire aboutir leurs revendications, résumées en un seul mot d'ordre «Système dégage». A deux heures du départ, l'esplanade de la Maison de la culture était noire de monde, pressé à en découdre pacifiquement. Les organisateurs étaient contraints de donner le coup d'envoi avant même la fin de la prière hebdomadaire qui, selon certains fidèles, a été écourtée. Le devoir accompli, tous pressent le pas pour rejoindre les premiers manifestants, qui ont déjà atteint le carrefour jouxtant le siège de la wilaya, à près de deux kilomètres du point de départ. Toute une distance noircie par une présence qui n'a d'égale que la mobilisation du 8 mars dernier. Venus des quatre coins de la wilaya, les manifestantes et les manifestants étaient pratiquement tous drapés de l'emblème national, arborant des pancartes aux slogans, rejoignant tous le mort d'ordre officiel exprimé chacun à sa manière, qui par un dessin, qui par un symbole, qui par une citation comme cette jeune femme qui écrivait sur sa pancarte: «On ne peut reconstruire une barque avec du vieux bois», allusion au nouveau personnel mis en avant pour diriger le gouvernement et la transition proposée. Les marcheurs ne veulent pas de la «prolongation du mandat de Bouteflkika». Ils l'ont signifié par des slogans dans ce sens, réitérant à chaque fois «l'impératif du départ à jamais de tout le personnel à l'origine de la situation du pays». Jeudi, les handicapés ont fait de leur «Journée nationale des handicapés», une journée de protestation. Cette catégorie fragilisée par le handicap mais aussi et surtout par le mépris coupable et volontaire des pouvoirs publics, a organisé une marche pour crier sa douleur, la marginalisation dont elle est victime, et a dénoncé l'indifférence coupables des autorités locales et nationales.

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