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Le torrent

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La devise de la République a toujours été «par le peuple et pour le peuple». Le peuple, lui, a dit son mot. Que sa volonté soit.

Ils étaient tous au rendez-vous du vendredi «décisif». Celui où les Algériens ont donné leur réponse clairement au président Abdelaziz Bouteflika. Non au prolongement déguisé du mandat, non à la tutelle du pouvoir pour mener la phase de transition. Non à la nomination de Nouredine Bedoui et Ramtane Lamamra pour mener le dialogue avec le peuple. «Le peuple n'est pas mineur», «Pouvoir à Son Excellence le peuple» ont écrit les manifestants sur leur pancarte. Par millions, ils ont marché, chanté, crié et ri. L'ambiance était tellement joyeuse que l'on apparenterait cette journée au jour de l'indépendance. Foule impressionnante, mobilisation exceptionnelle. Hier, hommes, femmes et enfants se sont réapproprié la rue. Ils ont accoutré Alger en vert, blanc, rouge et l'ont bercée avec les youyous et autres chants patriotiques. «C'est notre victoire. Leur fin est proche» affirment les manifestants qui en se dispersant en fin de journée, évoquaient déjà le prochain vendredi et les dispositions qu'ils devaient prendre. Car pour le peuple en colère, la mobilisation ne faiblira pas. Certains, des jeunes rencontrés à la place Audin, étaient un peu inquiets. «Qu'est-ce qui va se passer maintenant? Nous manifestons depuis un mois et le pouvoir n'a toujours pas quitté. Et s'ils refusent de partir?». Cette inquiétude est légitime. Surtout après la journée-test d'hier. Que va décider le pouvoir maintenant qu'il a eu la réponse du peuple? Toute la semaine, le pouvoir a tenté de convaincre en ajournant la présidentielle jusqu'à l'issue d'une «Conférence nationale» chargée de proposer des réformes et d'élaborer une nouvelle Constitution. Mais le refus est catégorique.
Le peuple refuse que le pouvoir en place reste maître du tempo politique et conduise lui-même la transition politique. Les Algériens contestent le système et le régime en tant que tel. «Dégagez tous!» ne cessent de répéter les manifestants. Si la devise de la République a toujours été «par le peuple et pour le peuple» alors le président et tout le pouvoir doivent savoir maintenant que le peuple a dit son mot. A eux, d'exécuter la volonté populaire.

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