Accueil |Nationale |

LA PREMIÈRE SORTIE MÉDIATIQUE DU NOUVEAU PREMIER MINISTRE

Bedoui patine

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Le premier ministreLe premier ministre

La «déperdition» de Bedoui était plausible lors de ses réponses, il usait de propos sans fondements et nuances politiques en mesure de clarifier la situation et proposer une feuille de route claire et concrète.

La sortie médiatique de Nouredine Bedoui, hier, en sa qualité de Premier ministre avec son adjoint Ramtane Lamamra n'était pas celle que les Algériens attendaient avec impatience, pour qu'ils puissent avoir des nouveautés en matière de nouvelles décisions, par rapport à la situation exceptionnelle que vit le pays.
Le tandem Bedoui-Lamamra a fait dans la «linéarité» qui a été tracée par le président sortant à travers la dernière lettre consistant à ne pas briguer un autre mandat, mais se donner le temps qui ne dépasse pas une année, pour opérer des changements politiques via un instrument de dialogue inclusif, à savoir la Conférence nationale.
Hormis cette démarche qui a été brandie par le duo Bedoui et Lamamra, le reste n'était qu'une «tautologie» qui sonne comme des «pantomimes» qui font plus qu'exacerber la situation et favoriser davantage le climat de l'impasse.
Bedoui a usé d'un discours incompréhensible sans précisions et vidé de substance par-dessus tout.
L'agenda politique de Bedoui n'est pas bien déterminé ni conçu sur la base de priorités bien établies. D'ailleurs lors de ses réponses sur les questions qui relèvent de l'urgence, comme c'est le cas pour son gouvernement, sa nature, sa mission et la date de sa formation, le nouveau Premier ministre a souligné que «La semaine prochaine, fin ou début de semaine prochaine, le gouvernement sera formé, car nous n'avons pas de temps, nous voulons aller vite et concrétiser cette vision future de l'Algérie». Les impertinences sont manifestes dans les réponses de Bedoui, quant à la date précise de la formation de son gouvernement pour répondre à une situation historique, voire inédite dans l'histoire du pays depuis l'indépendance. Bedoui voulait montrer la disponibilité du pouvoir en place à écouter toutes les propositions et les initiatives, mais cela n'a pas été traduit, concrètement, via des mécanismes et des instruments pratiques en mesure d'apporter des réponses à la rue qui ne cesse de rehausser la cadence de la mobilisation à travers des manifestations populaires sur le territoire national pour exiger le changement du régime. Dans ce sens, Bedoui a essayé de répondre aux questions des Algériens qui manifestent dans la rue pour exiger le départ du système, surtout que maintenant plusieurs corporations sont entrées en lice, comme c'est le cas pour les juges qui viennent de sortir pour la première fois dans l'histoire du pays, pour manifester leur soutien au peuple dans son entreprise de changement. Dans ce registre, Bedoui à répondu en disant que «Les juges sont une partie de cette société et nous respectons leurs avis et nous disons que cette Algérie est ouverte à leurs propositions, dans le cadre de cette Conférence nationale et à tous les représentants de la société algérienne», c'est une réponse renseignant sur le degré de la vigilance que devraient avoir les responsables de l'Exécutif pour ne pas provoquer davantage la rue au risque d'envenimer la situation et pousser au pourrissement.
La «déperdition» de Bedoui était plausible lors de ses réponses, il usait de propos sans fondements et nuances politiques, en mesure de clarifier la situation et proposer une feuille de route claire et concrète. Bedoui se référait surtout à des généralités qui ne pouvaient rendre sa démarche, que formelle et sans finalité escomptée. Le long de son speech, le nouveau Premier ministre a fait de «la force de proposition» son leitmotiv à tort et à travers, ce qui explique que la démarche de Bedoui est presque sans objectif précis, surtout que l'heure en termes politiques est très délicate et critique. Bedoui a répondu sur la question de la Conférence nationale en indiquant que c'est là «une force de proposition qui fera sortir l'Algérie de la situation dans laquelle elle se trouve», c'est un peu sibyllin comme réponse au moment où la rue gronde et crie sa colère d'une manière pacifique, en exigeant un changement le plus rapidement possible.
Il faut dire, que la sortie médiatique du nouveau Premier ministre était un ratage, voire une bérézina sur toute la ligne.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha