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Au "Non" du peuple

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Qui y a-t-il de si ambigu dans le message des Algériens pour que le pouvoir n'arrive pas à le déchiffrer? Tout le monde sait que dans une démocratie, le pouvoir parle et agit au nom de la majorité du peuple. Et le peuple a dit son «Non».

La situation est grave. L'heure est à la prise de décisions courageuses. Celles qui permettraient à l'Algérie de trouver une solution pour préparer l'alternance, qui n'est autre que le droit souverain du peuple à choisir ses représentants au niveau de toutes les institutions élues de l'Etat. Aujourd'hui, le peuple propose de changer le système. Certains considèrent que c'est porter atteinte aux structures et institutions de l'État. Mais cela est proposé en toute transparence, en toute démocratie et sans violence. Les Algériens, par millions, ont participé à un référendum à ciel ouvert pour affirmer leur aspiration au changement. Pourquoi serait-ce donc inacceptable ou irréalisable? Les institutions ne sont-elles pas des créations humaines destinées à répondre à l'organisation de la société? Elles peuvent être modifiées, le jour où la volonté générale change d'avis sur les modalités de son organisation quelle soit politique, économique ou sociale. Et c'est le cas aujourd'hui en Algérie. Le peuple demande le changement, mais comme réponse il n'a droit qu'à celle d'être accompagné par le pouvoir dans ce changement pour mener l'Algérie à bon port. Or, l'équation est biaisée à ce niveau. Le pouvoir appelle les Algériens à désigner leurs représentants pour, comme le dit le nouveau Premier ministre, Nouredine Bedoui, «accompagner les profondes réformes». Or, le peuple refuse toute représentativité parce qu'il rejette la démarche proposée par le pouvoir. Alors que veulent les Algériens, vont demander certains? Ils veulent, oui, les profonds changements, mais sans la tutelle du pouvoir. Autrement dit, le changement ne doit pas être encadré par ceux qui sont considérés comme source du conflit actuel. Les Algériens veulent de nouveaux visages et de nouvelles compétences, qui, en unissant leurs efforts, pourront présenter des propositions consensuelles pour tous. Qui y a-t-il de si ambigu dans le message du peuple pour que le pouvoir n'arrive pas à le déchiffrer? Tout le monde sait que dans une démocratie, le pouvoir parle et agit au nom de la majorité du peuple. Et le peuple a dit son Non''. Tout le monde sait aussi qu'un contrat conclu sous la contrainte est nul et non avenu et que les peuples accordent leur consentement pour être gouvernés mais le jour où le consentement n'existe plus, le maître tombe en disgrâce. L'Histoire qui ne pardonne pas, rassure. A chaque fois que les peuples ont été soumis, ils ne l'ont été qu'un temps. Les empires les plus puissants ont fini par s'effondrer. Car, personne ne peut aller contre la volonté d'un peuple. Mais pour éviter à l'Algérie une grosse tempête, il faut faire confiance à ses enfants éveillés, attentifs et déterminés à prendre leur destin en main. Il y a un proverbe chinois à méditer en ces temps difficiles: «Jadis il y avait un pays sans roi, mais il n'y a jamais eu de pays sans peuple.»

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