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FACE AUX EXIGENCES DE LA RUE ET AU SILENCE DU POUVOIR

L'Algérie dans l'impasse?

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Une clé pour la criseUne clé pour la crise

Appel au dialogue du gouvernement. Des manifestants sans représentants. Perte de confiance entre gouvernés et gouvernants. Situation inextricable. Comment sortir de ce «labyrinthe»? Deux seules voies...

Impasse? Le rejet systématique par les manifestants de toutes les propositions émises jusque-là par le chef de l'Etat, place le pays dans une situation des plus complexes, qui fait courir de graves dangers au pays. A la candidature du président de la République pour un nouveau mandat, bon nombre d'Algériens sont sortis pour dire «non à un cinquième mandat». Suite à ce rejet, le président de la République annonce le retrait de sa candidature ainsi que l'annulation de l'élection présidentielle du 18 avril et son report avec, en parallèle l'organisation d'une conférence nationale «inclusive» ouverte à toutes les forces vives de la nation pour un changement profond de la Constitution et la fixation de la date de la prochaine élection présidentielle «avant la fin de l'année 2019».
Rejet encore une fois de cette décision que les manifestants sortis, vendredi dernier, considèrent «inconstitutionnelle» et exigent «le changement du système». Alors que le gouvernement par la voix du nouveau Premier ministre déclare que «le dialogue est ouvert à tous», celui-ci est en fait impossible, compte tenu, que les partis de l'opposition sont également rejetés par les manifestants, lesquels n'ont pas eux-mêmes de représentants pour permettre l'ouverture de ce «dialogue».
Nous en sommes là, au lendemain des marches qui ont eu lieu, vendredi dernier, à travers plusieurs villes du pays. Des marches marquées par un certain radicalisme et sans proposition alternative. Alors que faire? Que reste-t-il comme solutions pour sortir de cette impasse? Des voix proposent la dissolution du Parlement et l'élection d'une Assemblée constituante. Sauf que le régime électoral actuel n'a pas bonne presse auprès de l'opposition classique ni même de la «rue». De plus, une de ses dispositions, à savoir l'organe de surveillance, a été dissous par le président de la République.
D'autres voix proposent le recours à un «comité de sages» ayant les prérogatives d'organiser une période de transition et la mener à son terme. C'est-à-dire jusqu'à la prochaine élection présidentielle. A l'image du HCE (Haut Conseil d'Etat) de 1992, mais sous une autre forme. A ces offres politiques avortées que reste-t-il? Revenir à l'ordre constitutionnel? Cela éviterait l'option militaire que nous avons déjà vécue suite à la démission du président Chadli et l'arrêt du processus électoral.
Nul besoin de rappeler la situation de guerre civile qui a suivi. Mais revenir à l'ordre constitutionnel, cela veut dire quoi? Dans la Loi fondamentale, il y a deux dispositions qui restent à explorer. La première serait la démission de l'actuel président de la République.
A signaler que cette «option» ne sera plus possible après la fin du mandat présidentiel en cours prévu le 25 avril prochain. De plus, elle assure la continuité du «système» dont les manifestants ne veulent plus. Comment et pourquoi? L'article 102 qui régit le cas de démission du président de la république prévoit que «Le Président du Conseil de la nation assume la charge de chef de l'Etat pour une durée de quatre-vingt-dix (90) jours au maximum, au cours de laquelle des élections présidentielles sont organisées». Nous aurons un nouveau président de la République, mais pas forcément un nouveau système avec les profondes réformes que cela nécessite. C'est la continuité sans le changement.
L'autre disposition qui peut être actionnée se trouve à l'article 107 de la Constitution. Il s'agit de «l'état d'exception» qui est différent de l'état d'urgence et de l'état de siège. Tant dans les causes qui les autorisent que dans leurs contenus. L'état d'exception ne réduit pas systématiquement les libertés fondamentales comme dans l'état d'urgence. Il ne donne pas, non plus et entre autres, les pouvoirs de police à l'armée comme dans un état de siège. L'état d'exception, comme son nom l'indique, suspend le droit commun tout en maintenant le principe de légalité. Il peut être ciblé comme par exemple pour le changement de système. Il dure le temps que durent les circonstances exceptionnelles.
L'impasse politique dans laquelle se trouve le pays est une circonstance exceptionnelle. La lutte contre le terrorisme en est une autre. Ces deux situations sont vécues par notre pays. L'état d'exception se présente comme un moyen de sauvetage du pays menacé par le vide et l'inconnu qui mènent droit au chaos. Une solution doit être trouvée et vite. Car la fin du mandat présidentiel actuel, compliquera davantage la situation déjà difficile. L'heure n'est plus aux hésitations!

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