Accueil |Nationale |

QUELLE FEUILLE DE ROUTE POUR RESPECTER LA VOLONTÉ POPULAIRE?

Le débat fait rage

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Des marches imposantes à travers le territoire nationalDes marches imposantes à travers le territoire national

Rencontres informelles entre des leaders d'opinion, entre partis politiques, associations et diplomates à l'image de Lakhdar Brahimi, il y a ces derniers jours, un réel emballement de la scène politique. C'est le bain démocratique.

Le débat autour de la sortie de crise fait rage. Aucune manoeuvre ne pourra résister face à la révolte de tout un peuple, indiquent des observateurs, les plus optimistes. Pendant ce temps, le pouvoir continue «d'échafauder son plan pour imposer la feuille de route du chef de l'Etat, contenue dans sa lettre du 11 mars dernier». Des décisions, faut-il encore le rappeler, «rejetées dans le fond et dans la forme par le mouvement populaire et tous les partis de l'opposition».
Dans ce sillage, des politiques mettent en garde contre des «dérapages, des surenchères et des tentatives d'infiltration pour faire dérailler le train du mouvement populaire inédit et historique». Il est hors de question d'aller au-delà de la volonté populaire. Le peuple a désormais décrété que «c'est le peuple qui choisira librement ses gouvernants et ses institutions». Dans le même contexte, l'appel au «respect de la Constitution» est considéré comme «une manoeuvre dilatoire» car cela suppose soit la démission du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, soit l'application de l'article 102 de la Constitution ou encore la déclaration de l'état d'urgence sans opérer la «moindre réforme», indique-t-on. Autrement dit, organiser l'élection présidentielle prochaine dans les mêmes conditions et cadre législatif précédents.
Cela conduira, est-il rappelé, «à élire un nouveau président de la République sans qu'il y ait au préalable, ni la mise en place de l'instance indépendante pour la gestion des élections ni l'amendement de la Constitution». A l'évidence, ce genre de démarche ramènera «l'Algérie à la case de départ». Dès lors, le peuple doit opposer son «véto» inflexible à ce genre de décision, visant à dévier le mouvement de ses objectifs. Il faut noter que dans une dépêche postée en ouverture de son site, l'APS titre: «Des marches imposantes à travers le territoire national revendiquant le changement et le respect de la Constitution.» Si le Parlement déclare l'état d'empêchement sur proposition du Conseil constitutionnel ou déclare la vacance du pouvoir après la démission du chef de l'Etat, dans le cadre de l'application des dispositions de l'article 102 de la Loi fondamentale, s'ensuivra alors une élection présidentielle, dont «les résultats pourront bien aboutir au statu quo initial», prévient-on. «Pousser à l'exaspération pour déclarer l'état d'urgence est une autre manipulation souterraine du mouvement», soutient-on. La tentation que présentent les énormes pouvoirs que le président Bouteflika s'est octroyés, constitue un «risque majeur» dans la mesure où le futur président peut bien décider de ne pas honorer son engagement relatif à la révision de la Constitution et la mise sur pied d'une instance indépendante d'organisation des élections. Condition sine qua non pour «redonner la parole au peuple et respecter sa souveraineté». Les défenseurs de cette feuille de route, soulignent que «dans la conjoncture actuelle le peuple est au-dessus de la Constitution et l'annulation, puis le report sine die des élections nous a mis hors délais constitutionnels». Il est primordial d'éviter ce genre d'«errements» qui «conduira le mouvement droit dans le mur». Pour sa part, l'opposition doit assumer ses responsabilités et faire, dans ce sens, tout son possible à commencer par éviter des «surenchères médiatiques», «de prendre le train en marche» ou de «surfer sur la vague de la protestation» car la conjoncture n'est pas à la «compétition électorale».
En fait, tout le monde s'accorde à dire que «les acteurs d'opposition se doivent de faire des propositions de sortie de crise à même d'éviter le chaos et garantir le changement démocratique».
Par ailleurs, Lakhdar Brahimi poursuit ses rencontres informelles avec certains partis et personnalités politiques à l'hôtel El-Aurassi. De même, des associations «ressuscitées» à cet effet, se réunissent dans des hôtels à Alger pour s'autoproclamer représentants du mouvement populaires. Outre ces représentants «taiwans», des sources concordantes révèlent que les walis, de leur côté, mènent actuellement avec les relais locaux des campagnes de recrutement des jeunes pour en faire des représentants du mouvement, mandatés à participer à «la conférence nationale inclusive». Toutefois, «la seule volonté qui prime est non pas celle des cercles du pouvoir, en guerre interne ouverte, mais celle du peuple», souligne-t-on. Le gouvernement, dont les consultations se poursuivent pour le former, est d'ores et déjà qualifié d' «illégitime».

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha