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TABBOU ÉTAIT, HIER, DANS UN MEETING À BÉJAÏA

"Il est prématuré de structurer le mouvement"

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Tabbou fait un tabac...Tabbou fait un tabac...

Karim Tabbou, l'un des animateurs des plus en vue du mouvement national, a estimé hier à Béjaïa qu'il est «prématuré de parler d'une quelconque structuration de celui-ci qui lutte depuis plus d'un mois pour le départ du système».

«Ce serait une insulte à l'intelligence du peuple que de lui imposer une quelconque forme de structure dans l'immédiat», a indiqué, hier, Karim Tabbou lors d'une conférence-débat animée au campus de Targa Ouzemour devant des centaines d'étudiants, estimant qu'il faut «laisser le mouvement mûrir et répondre au pouvoir par la voix populaire». L'invité de la coordination locale des étudiants de l'Université Abderahmane Mira a insisté sur la poursuite de la lute dans le cadre de ce mouvement populaire. «la parole est au peuple, c'est à lui seul de juger d'une quelconque opportunité autant pour répondre aux offres du pouvoir en place que de trouver une forme de structuration», souligne-t-il estimant qu'il «ne peut y avoir de marche arrière». Dans son intervention lors des débats, Karim Tabbou, dont le parti UDS, Union démocratique et sociale, non encore agréé a rejeté «dans le fond et la forme les offres du pouvoir» indiquant que «l'exigence de l'heure n'est pas aux offres, mais au départ de Bouteflika et son régime». En véritable tribun, Tabbou a encore une fois fustigé la position du régime en place l'accusant de «résister inutilement à la volonté populaire». Il serait plus judicieux, à ses yeux, d'obtempérer à la volonté populaire portée par des millions de citoyens chaque vendredi et ce depuis plusieurs semaines. Se félicitant du pacifisme et de la maturité des Algériennes et des Algériens lors des différentes manifestations de rue, l'orateur n'a pas caché sa fierté d'appartenir à ce peuple qui a, non seulement, retrouvé son unité, jusque-là mis, à mal par les subterfuges et clichés colportés par le pouvoir dans une logique de division pour mieux régner, mais également séduit le monde entier, qui le regarde aujourd'hui avec admiration. Pendant près de deux heures de débats, Tabbou s'est montré plus que jamais déterminé à accompagner le mouvement autant par le geste que par la parole, rassurant que «l'avenir de l'Algérie ne peut qu'être rose». Dans les autres localités de la wilaya de Béjaïa, la mobilisation ne fléchit pas. Elle s'invite chaque fois à travers des actions sporadiques, qui n'ont de valeur que d'illustrer une tournure, qui n'y est pas sans faire craindre des débordements. Après une semaine faite d'une grève assez pénalisante et des marches successives des corporations, qui, chacune exprimait à sa manière son soutien au mouvement national pour le changement, Béjaïa s'est réveillée encore, hier, dans un climat de tension, qui cette fois-ci touche les établissements scolaires du secondaire. En effet, la majorité des lycées de Béjaïa a été une nouvelle fois désertée par leurs occupants qui ont refusé de rejoindre les bancs des classes préférant marcher encore et encore dans les rues des principales grandes cités urbaines de la wilaya. Sidi Aich, Tichy, Aokas, Akbou pour ne citer que ces localités ont vibré hier sous les pas des centaines de lycéens, qui inscrivaient leur mouvement dans le sillage de celui que connaît le pays depuis le 22 février dernier. Scandant des slogans du mouvement national pour le changement, les lycéens ont battu le pavé des rues des communes de Béjaïa, réclamant «le départ du système». Drapés de l'emblème national, des jeunes filles et garçons sont sortis dans la rue en ce premier jour de semaine pour marquer à leur tour leur solidarité avec le mouvement national.

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