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LES CHAÎNES DE TÉLÉVISION SUIVENT LE MOUVEMENT POPULAIRE

L'audiovisuel trouve sa raison d'être

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Quel plat pour les plateaux?Quel plat pour les plateaux?

Cette intrusion «salutaire» des médias dans le mouvement populaire a permis une sorte de «structuration» du débat, de sorte que toutes les tendances puissent s'exprimer.

Après un flottement imputé à des instructions venues d'en haut, concernant la couverture médiatique des manifestations populaires, l'ensemble des chaînes de télévision se sont mises, à partir du 3e vendredi, à couvrir abondamment les initiatives citoyennes et partisanes, liées à l'événement. Si pour l'heure, l'abondance ne signifie pas des éditions spéciales qui durent toute la journée, il n'empêche que les chaînes d'infos, à l'image d'Ennahar et El Hayet, en sus de Dzaïr News, El Bilad ou encore Chourouk News, réservent toutes leurs émissions politiques à l'événement du moment. Les chaînes généralistes ne sont pas en reste dans cette dynamique où même les programmes mi-politiques mi-divertissements sont systématiquement consacrés au sujet qui fait l'essentiel de l'actualité du moment. Cette attitude, du reste, naturelle des médias, n'en est pas la première dans le paysage audiovisuel national, en termes d'ampleur et de nombre d'intervenants. Outre les figures médiatiques du moment qu'on retrouve dans la totalité des plateaux, les télévisions ont pris d'intéressantes initiatives en invitant des jeunes manifestants.
L'idée n'est pas algérienne, elle a été certainement empruntée aux télévisions françaises qui ont laissé une place de choix à plusieurs Gilets jaunes et en ont fait, à force d'apparitions télévisuelles de véritables «stars», voire des représentants du mouvement de protestation qui a court en France depuis plus de 4 mois. Il serait injuste d'accuser les journalistes télévisuels algériens de singer leurs confrères français, tellement la démarche paraît tout à fait normale, vu les circonstances que traverse le pays.
Cette intrusion «salutaire» des médias dans le mouvement populaire a permis une sorte de «structuration» du débat, de sorte que toutes les voix, y compris celles qui défendent le plan d'action du président de la République, aient pu s'exprimer. Ainsi, le paysage audiovisuel s'est enrichi d'une matière médiatique très porteuse en termes d'audience, en même temps, cela a permis aux téléspectateurs de se faire une idée précise des enjeux de l'heure.
Il reste que toutes les émissions télévisuelles ne se valent pas en termes de pertinence. Certaines sont très intéressantes et les débatteurs font preuve d'un niveau politique appréciable, alors que les éclairages qu'ils apportent, enrichissent véritablement le débat. D'autres, par contre, baignent dans la platitude tandis que les invités se lancent des insultes et tombent dans la critique stérile de l'Autre.
Les télévisions qui se mettent à l'heure de la contestation ont également consommé tout ce que le pays contient comme «experts», «analystes», doctorants en sciences politiques et autres spécialistes en économie. Tout ce beau monde trouve dans ses interventions, tous les défaut au système et préconise des alternatives qui ne sont pas toutes réalistes. Il reste qu'entre des débats sérieux et constructifs et des émissions qui flirtent avec l'amateurisme, le paysage médiatique national n'a pas manqué l'occasion de coller à l'événement de l'heure.

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