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APRÈS QUATRE VENDREDIS DE MARCHES DANS TOUT LE PAYS

Ce que veulent les Algériens!

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La voix du peupleLa voix du peuple

Le message des manifestants est «immatériel». Ils ne revendiquent ni des emplois. Ni des logements. Rien sur le pouvoir d'achat. Leur seul mot d'ordre, c'est le rejet du «système». Un système qui réunit tout un «package» de plusieurs maux. Ils veulent...

Après la forme, le fond. On aurait tort de comparer nos manifestations du vendredi à celles des «Gilets jaunes» en France ou à celles qui se déroulent au Venezuela. Ni même à toutes les manifestations populaires, passées et présentes, dans d'autres pays. En France c'est la vie chère. Au Soudan aussi. Au Venezuela c'est également la crise économique.
Cela vaut même en faisant une rétrospective avec ce qui s'est passé en Egypte avant l'arrivée de Sissi ou en Tunisie avec la «révolution du Jasmin» ou encore en Libye à l'époque de Gueddafi. Partout, le point de départ a toujours porté sur des questions économiques doublées par endroits par des atteintes aux droits de l'homme. Rien de tout cela en Algérie. Aucune répression. Au contraire, tout le monde reconnaît la parfaite osmose dans laquelle vivent les Algériens avec leur armée et leur police. Ils n'ont pas à se plaindre d'une quelconque vie chère tant les produits de première nécessité sont tous subventionnés et les salaires suffisamment réévalués. Les distributions de logements au dinar symbolique sont uniques au monde. L'amélioration des conditions de vie de l'ensemble des citoyens (débidonvillisation, raccordements au gaz naturel, transports scolaires, cantines, gratuité de la santé, etc.) est une réalité palpable. Les Algériens, tous les Algériens savent qu'ils doivent tous ces acquis aux différents programmes du président Bouteflika. Pour preuve, les manifestants ne s'en sont jamais pris à sa personne. Bien au contraire, ils lui souhaitent un «prompt rétablissement». Et s'ils refusent un «cinquième mandat» c'est exclusivement à cause du système qui le squatte depuis plus d'un demi-siècle.
Cela se retrouve dans leur exigence de «changement». Un changement qui, pour les manifestants, passe par un changement radical du personnel politique. Qu'il soit de la majorité ou de l'opposition. Un personnel politique accusé d'entretenir le statu quo au profit de ses propres intérêts et des privilèges que leur offre le système tel qu'il est conçu. Un système qui, de plus, entretient la corruption, le clientélisme, la bureaucratie et de beaucoup d'autres maux qu'il fait subir au peuple algérien. Une fois qu'on a dit cela, on comprend mieux que l'exigence des Algériens relève plus de l'immatériel que du prix du pain qui est dérisoire. Dans ce «couffin» de l'immatériel, on trouve les véritables raisons de la harga, de celles de la fuite des cerveaux et même les raisons qui poussent les Algériens à choisir pour leurs vacances, Tabarka plutôt que Annaba, deux villes balnéaires mitoyennes dotées naturellement du même attrait, mais complètement différentes par le système qui les régit.
C'est parce qu'ils n'ont pas compris ce message des manifestants que des leaders de partis de l'opposition qui, pour avoir tenté de «surfer» sur la vague de la contestation, se sont vus «éjectés» des marches sans ménagement. Et, pour peu que l'on pousse plus loin les investigations, on s'aperçoit que le peuple algérien se révolte contre l'enfermement. Après l'avoir confiné dans la pensée unique du «socialisme spécifique» dès l'indépendance, on lui a fait miroiter la démocratie au début des années 90 pour mieux lui imposer la pensée unique de l'islamisme politique.
Deux grandes périodes marquées par des atteintes, insidieuses, à la vie privée, qu'il ne supporte plus. Deux périodes que le personnel politique, toutes tendances confondues, entretenait comme de véritables fonds de commerce à son profit exclusif. Des fonds de commerce où les sièges s'achetaient à coup de «chkara» et de compromissions. Il est fini le temps où ce personnel politique n'apparaissait que le temps des élections pour ensuite tourner le dos au peuple le reste du temps. Il est fini le temps où l'activité politique qui consistait à «endormir» le peuple pour l'enrichissement personnel des politiciens.
Parmi les slogans brandis par les manifestants du vendredi, on pouvait lire «n'insultez pas l'intelligence du peuple». Ce peuple qui a été patient a décidé de briser ses chaînes. Et s'il veut avoir de nouveaux dirigeants, il les veut intègres, compétents et complètement engagés au service de la nation. Il y ajoute la jeunesse comme d'une garantie d'un sang neuf non contaminé par les pratiques de l'ancien système.
Au final, les Algériens veulent vivre pleinement leur vie. Dans une vraie démocratie. Avec une vraie tolérance. Dans le respect mutuel. Dans le «vivre ensemble en paix». Sans atteinte à leur vie privée. Sans idéologie politique ou religieuse. Ce qui ne peut leur être offert que par un personnel politique exemplaire!

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