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BENYOUCEF BENKHEDDA

L'etoffe d'un grand homme

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L'etoffe d'un grand homme

N'est-ce pas que ce digne fils est le descendant direct d'un révolutionnaire à la conscience politique aiguisée, mais et surtout d'un proche de Abane Ramdane.

Hassen Benkhedda est mort parmi le peuple, lui dont le père, Benyoucef Benkhedda, était militant du Parti du peuple algérien PPA-MTLD et non moins deuxième président du Gouvernement provisoire de la République algérienne Gpra durant la Guerre de Libération nationale jusqu'à l'indépendance, en 1962.
Comme un signe du destin, la disparition de Hassen Benkhedda sorti dire non au 5e mandat, a eu lieu un 1er mars, un mois qui avait déjà vu son père proclamer le cessez-le-feu la veille du 19 mars 1961. Toute une symbolique, comme voulue par une histoire qui semble se répéter.
En fait, la fibre patriotique a parlé ce vendredi 1er mars 2019 dans la famille des Benkhedda. Les membres de cette dernière sont tous sortis manifester aux côtés d'autres Algériens, dans les rues d'Alger. Et c'est en tentant d'atteindre leur demeure, à Hydra, non sans faire un tour d'honneur à El Mouradia, que leur fils Hassen laissa la vie, à l'issue d'une bousculade à la hauteur du Palais du peuple. «Le citoyen Hassen Benkheda, est décédé vendredi soir d'une crise cardiaque lors de la manifestation d'Alger, a-t-on appris auprès de sa famille.» avaient alors rapporté les médias. Le défunt, Hassen Benkhedda, a été inhumé au cimetière de Sidi Yahia, à Hydra, sur les hauteurs d'Alger, aux côtés de son père. Un père dont l'étoffe historique n'est plus à démontrer, lui qui a été, en août 1956, désigné par le congrès de la Soummam membre du Cnra et du CCE, avec Abane Ramdane, Larbi Ben M'hidi, Saâd Dahlab et Krim Belkacem. Et c'est avec Abane Ramdane et Ben M'hidi qu'il constituera le triumvirat politico-militaire qui dirigera l'organisation de la Zone autonome d'Alger, coeur battant de la nation qui a toujours décidé de la tournure de l'histoire et donc du destin de tout un peuple. Encore une fois, la disparition tragique du fils, Hassen, sonne comme un rappel à l'ordre, un retour aux sources. N'est ce pas que ce digne fils est le descendant direct d'un révolutionnaire à la conscience politique aiguisée, mais et surtout d'un proche de Abane Ramdane, ce visionnaire qui a décrété haut et fort la primauté du politique sur le militaire et de l'intérieur sur l'extérieur. «Bon sang ne saurait mentir», dit le proverbe.
Loin d'être un simple quidam, emporté par la foule, Hassen Ben khedda était un brave citoyen, à l'éducation parfaite. Il a obtenu son diplôme d'ingénieur en aviation à l'école militaire de Rouiba, et a terminé ses études en Grande-Bretagne, où il a décroché son doctorat et a fait de la recherche scientifique, puis travaillé dans de nombreuses entreprises internationales. En sus de ce barda académique et scientifique, il était surtout guidé par un esprit de militantisme et de patriotisme, certainement puisé des valeurs de novembre. Il est mort à Alger, cette même cité qui avait vu, le 3 juillet 1962, jour de la reconnaissance officielle de l'indépendance de l'Algérie par la France, Benyoucef Benkhedda accueilli par la population algéroise en liesse, après avoir achevé les négociations avec la France, commencées par le gouvernement Ferhat Abbas. Benyoucef Benkhedda était connu pour son engagement politique pour la démocratie. A l'aube de l'indépendance il a vécu comme un drame personnel la crise de l'été 1962 entre le Gpra et Ahmed Ben Bella, soutenu par l'«armée des frontières» surarmée, et se retire volontairement au profit de ce dernier, pour éviter «un bain de sang fratricide». Tout un enseignement.

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