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L'OPTION DE LA DÉMISSION DU PRÉSIDENT ÉVOQUÉE EN HAUT LIEU

Le dernier quart d'heure de la crise

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Le siège de la PrésidenceLe siège de la Présidence

Le scénario de l'article 102, même s'il fait peur au président du MSP, répond à la revendication principale des Algériens et ouvre une perspective sérieuse au pays.

Le président du MSP, dont le parti poussait en faveur d'un retour à la légalité constitutionnelle concrétisée par la démission du président de la République, a révélé, hier, l'intention du pouvoir d'aller dans le même sens. En effet, Abderrezak Makri a plus qu'insinué un très probable déroulement de ce scénario qui serait l'oeuvre d'une «aile du pouvoir». Le chef du parti islamiste s'est retenu d'identifier cette «aile», mais n'a pas manqué de l'accuser de vouloir récupérer le processus électoral à son avantage. Sur son compte Facebook, le chef du parti islamiste met en garde contre un arrêt du mouvement populaire, qui ne serait plus justifié du moment que sa principale revendication qui a consisté en le retrait définitif du président de la République, ait été satisfaite.
Pour le président du MSP qui voit dans la décision de répondre aux exigences de la rue une manoeuvre de ladite aile pour se replacer sur l'échiquier politique en usant de la fraude électorale, recommande de refuser le scrutin, si au préalable, des réformes n'ont pas été engagées. «Nous avons besoin d'une brève transition pour entreprendre des réformes constitutionnelles et mettre en place une instance indépendante pour l'organisation des élections», affirme-t-il dans son écrit, sans apporter le moindre éclaircissement sur l'instance qui conduirait ces réformes.
Le président du premier parti d'opposition qui semble réagir à des rumeurs faisant état de l'intention du pouvoir d'actionner l'article 102 de la Constitution pour ouvrir la voie à une nouvelle présidentielle, entend freiner l'élan des promoteurs de l'idée, en mettant sa «révélation» dans la rue. Il est clair qu'un bras de fer est engagé dans les coulisses entre les protagonistes de la scène politique.
Entre le risque d'un vide constitutionnel susceptible de mener le pays au chaos et une issue constitutionnelle permettant un retour rapide à la normale, avec un nouveau président qui devra faire avec une opinion publique, plus que jamais décidée à ne plus se laisser faire, Abderrezak Makri croit à une solution intermédiaire qui renseigne sur le traditionnel travail d'entrisme de la formation islamiste qu'il dirige. Peut-être, lui-même à l'origine de la rumeur, avant de la diffuser sur les réseaux sociaux, le responsable islamiste a certainement négocié dans la discrétion des salons des hauteurs de la capitale.
En tout état de cause, cette option de l'empêchement ou de la démission pourrait être l'issue la moins coûteuse pour le pays, en ce sens qu'elle évitera le vide constitutionnel et mettra entre les mains d'un nouveau président, légitimé par les urnes, les prérogatives de mener le pays vers la Deuxième République.
Il va de soi que tous les candidats à la présidentielle s'engageront à rénover les institutions et ébaucher la Deuxième République. Le futur chef de l'Etat renouvellera toutes les assemblées élues, sous le contrôle strict du peuple pour qui la participation au vote sera un enjeu majeur. Bref, le scénario de l'article 102, même s'il fait peur au président du MSP, répond à la revendication principale des Algériens et ouvre une perspective sérieuse à l'Etat. A charge pour la rue de demeurer mobilisée et de ne faire confiance à aucune politique, de quelque bord qu'elle soit.

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