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BÉJAÏA

La ville a fait le plein de manifs

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La ville a fait le plein de manifs

Plus de cinq marches ont rythmé le quotidien des Béjaouis avec pour unique mot d'ordre: le départ du système. Des corporations ont tenu à dire leur mot, elles aussi.

Les marches corporatistes se suivent et se ressemblent à Béjaïa. Hier, les artères de la ville ont vibré au rythme de marches organisées, calmes et civiques. C'est à qui démontrera le plus sa force, devrions-nous comprendre. C'est du moins l'impression qui se dégageait pendant toute la matinée. Mais incontestablement, les étudiants auront été les plus forts en la matière. Cela ne diminue pas pour autant l'importance de celle des autres corporations, dont les blouses blanches, les travailleurs d'Algérie poste, les travailleurs d'Alfaditex et les fonctionnaires et les travailleurs des collectivités locales de Béjaïa. Les élus du RCD ont choisi, quant à eux, de protester à la maison, en d'autres termes au sein de l'institution de la wilaya de Béjaïa, pendant que tout le monde était dehors. Cela reste un choix qui a le mérite de s'inscrire lui aussi dans la dynamique de la revendication de la rue.
La ville de Béjaïa n'a pas dérogé à la règle. Hier encore, les travailleurs, toutes professions confondues, ont investi la rue pour exprimer leur attachement au mouvement national prônant le changement du système par la voie pacifique. Séparément certes, mais avec un mot d'ordre unique «système dégage». On aura alors vu des marches allant dans les deux sens.
Les travailleurs de l'APC de Béjaïa ont été finalement très nombreux à prendre le départ du siège communal pour faire le tour de la ville, avec un arrêt symbolique devant le siège de la wilaya. Ils étaient plus d'un millier à crier haut et fort leur «ras-le-bol de ce régime».
La mobilisation était assez conséquente, ce qui fera ironiser un passant.
«Je ne comprends pas que l'APC de Béjaïa ait autant de travailleurs et vive une situation des plus reculées en matière de développement, sur tous les plans.» Une remarque anecdotique qui en dit long sur la réalité du cadre de vie local.
Déboulant, du centre hospitalo-universitaire Khellil Amrane, les blouses blanches ont tenu elles eu aussi à dire leur mot. Drapés de l'emblème national, les infirmiers, les médecins et les travailleurs des corps communs ont formé un grand carré autour de l'emblème national largement étalé au milieu de la foule. Toutes et tous scandaient des slogans anti-pouvoir en place, exigeant, comme les communaux son départ immédiat. Les fonctionnaires de la santé publique ne tarderont pas à croiser ceux d'Algérie télécom porteurs des mêmes slogans de rejet «de la continuité et de la prolongation du mandat». Même geste et mêmes mots dans une ambiance de fête.
On a l'impression que les gens s'amusent beaucoup plus qu'ils ne protestent, fait encore remarquer un buraliste habitué maintenant à voir défiler des foules pratiquement chaque jour devant sa boutique. Les travailleurs de l'usine de textile de Béjaïa, Alcost, arrivent derrière organisés sous forme d'un grand carré. Ils étaient là aussi pour exiger le «départ du système». Les agents de la Protection civile ont quant à eux, démarré du siège de la direction vers la wilaya avec les mêmes slogans. Bref, une journée encore particulière à Béjaïa. Elle se singularise par une multitude de marches avec un même objectif porté depuis plusieurs semaines par la rue.

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