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L'IMPASSE INSTITUTIONNELLE SE PRÉCISE

L'urgence d'un déblocage

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La rue est déterminée à aller jusqu'au boutLa rue est déterminée à aller jusqu'au bout

La rue via le mouvement populaire ne veut pas entendre parler mordicus des propositions émanant des représentants du pouvoir en place, elle demande le départ du système tous azimuts.

Le processus politique en cours ne semble pas encore secréter des mécanismes susceptibles d'engager la dynamique d'un changement sine die. L'impasse est saillante, les institutions évoluent en marge de la Constitution. Le report de l'élection présidentielle qui n'est autre qu'une annulation pure et simple, s'est fait en dehors de la lettre et l'esprit de la Constitution. Le mouvement populaire ne cesse de clamer haut et fort le départ du régime tous azimuts.
Le tableau politique semble prendre une allure d'une crise qui est appelée à être exacerbée, dans la mesure où le président sortant tient à sa conférence nationale comme ultime moyen pour convaincre les millions d'Algériens qui se sont exprimés vertement et d'une manière très limpide qu'ils ne veulent pas de lui et exigent son départ sans tarder.
La situation se complique davantage, il y a d'un côté un mouvement de mobilisation sans précédent qui s'approfondit de plus en plus et de l'autre côté, un président sortant qui joue au temps mort. Ce jeu scabreux favorise l'émiettement et la fragilisation de l'Etat et ce qui en découle comme fonctionnement des institutions. Le blocage créé par le report de l'élection présidentielle a fait, que le président sortant, en se maintenant à la tête de l'Etat que la crise perdure et le dérapage risque de s'exprimer à cause de cette attitude qui ne fait qu'aggraver la situation politique du pays. Dans cette ambiance délétère, le gouvernement du nouveau Premier ministre peine à trouver des ministrables, le rejet est saillant quant à participer dans un gouvernement où son président est sommé par les manifestants, qui investissent la rue par millions chaque vendredi, de partir. La cadence des revendications du mouvement populaire né de la première marche du 22 février ne fait qu'augmenter, à telle enseigne que la constitution d'un gouvernement tel que proposé par le président sortant ne tient plus la route.
La rue de son côté est déterminée à aller jusqu'au bout dans sa mobilisation pour déloger le système dans son ensemble. Le dialogue entamé par Lakhdar Brahimi qui a été désigné par le président sortant pour réunir les conditions de la mise en route de la conférence nationale, semble lui aussi rejeté d'emblée par les protagonistes en présence. La rue via le mouvement populaire ne veut pas entendre mordicus les propositions émanant des représentants du pouvoir en place, elle demande le départ du système.
Le pays est dans un imbroglio politique de taille, les institutions sont grippées, leur fonctionnement est tributaire d'une volonté politique, d'un président rejeté par une majorité d'Algériens qui fait de la rue un espace de choix et de façon pacifique pour exprimer son rejet.
La crise institutionnelle se profile, le mouvement du 22 février est aussi traversé par des interférences qui font que ledit mouvement est sans interlocuteur en mesure d'avoir le quitus de la majorité qui se reconnaît dans la dynamique de la rue. Ce constat semblable à un véritable jeu de paradoxes engage le pays dans une spirale de crise qui risque d'engendrer des situations de blocage qui se répercutent sur l'entité juridique laquelle est l'expression matérielle de la République, à savoir l'Etat. Deux scénarios se font exprimés pour le moment au vu de l'évolution politique d'aujourd'hui, soit la démission du président de la République une fois que son mandat arrivera à terme, soit l'application de l'article 102. mais dans cette foulée la rue ne veut pas entendre de cette oreille le jeu d'intrigues du président sortant qui bloque le processus, y compris constitutionnel et institutionnel.

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