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BLOUSES BLANCHES, ÉTUDIANTS, POMPIERS ET ADMINISTRATIFS BATTENT LE PAVÉ

La marche continue...

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Un pacifisme et une ambiance bon enfantUn pacifisme et une ambiance bon enfant

Les manifestations contre le prolongement du mandat du chef de l'Etat se sont poursuivies, hier, avec une déferlante humaine dans les quatre coins du pays. Un avant-goût du vendredi prochain qui s'annonce encore plus... «chaud».

Les Algériens fêtent le 19 mars en...protestant! La mobilisation citoyenne a repris de plus belle à l'occasion de la fête de la Victoire. Des milliers d'Algériens sont sortis à travers tout le pays contre le «mandat 4+» du Président sortant, Abdelaziz Bouteflika. Guelma, Annaba, Constantine, Chlef, Tiaret, Tipasa, Blida, Oran, Ouargla, Constantine, Skikda, Bordj Bou Arréridj...presque aucune wilaya n'a échappé à cette nouvelle journée de mobilisation. Les étudiants et les professionnels de la santé étaient certes en tête d'affiche. Néanmoins, ils ont été vite rejoints par d'autres corps de métiers, à l'instar des avocats et magistrats à Annaba. Alger, elle, n'a jamais été aussi...blanche! Des milliers de blouses blanches ont envahi ses rues pour dire non au prolongement du mandat du chef de l'Etat. Les professionnels de la santé s'étaient donné rendez-vous à 10 h du matin aux alentours de l'hôpital Mustapha Pacha d'Alger. L'appel a bien été entendu! Médecins, pharmaciens, dentistes, vétérinaires et auxiliaires médicaux, travaillant dans le privé ou le public, s'étaient rassemblés bien avant l'heure convenu. A 10 h, ils se comptaient déjà en milliers. La place du 1er Mai paraissait trop exiguë pour accueillir toute cette foule. Professeurs, maîtres-assistants, généralistes, résidents, internes, infirmiers...bref, tous ceux qui ont un rapport de près ou de loin avec la santé étaient là pour l'Algérie! Aux environs de 10h 30, tout ce beau monde décide de marcher en direction de la Grande Poste. Un cortège kilométrique se forme avant de s'ébranler sur la rue Hassiba Ben Bouali. Tout un symbole! Ces professionnels de la santé des deux sexes et surtout de toutes générations confondues, reprennent en choeur les slogans antisystème. On a ainsi pu entendre les «Bouteflika matzidche dkika» (Bouteflika tu ne rajouteras pas une minute, Ndlr) ou encore les «Djoumhouria machi Memlaka» (C'est une République pas un royaume). Des cris de colère qui venaient s'ajouter aux pancartes originales, les unes plus que les autres, que portaient fièrement ces blouses blanches. «On ne veut pas de ce gouvernement placebo», pouvait-on par exemple lire. Certains ont carrément fabriqué des ordonnances géantes afin, disent-ils, prescrire le traitement qui «mettra fin à cette gangrène». Un pacifisme et une ambiance bon enfant règnent dans cette marche, comme d'ailleurs toutes celles auxquelles on a pu assister depuis un mois. Il est 11h quand le tsunami «blanc» s'abat sur la Grande-Poste. Il vient se greffer sur celui des étudiants qui y étaient rassemblés depuis presque une heure, eux qui chaque mardi se retrouvent à cet endroit pour appeler le pouvoir à la démission. Plus le temps passe, plus la foule grandit! Le rassemblement va de la Grande-Poste jusqu'à la rue Didouche Mourad en couvrant toute la place Maurice Audin. Géant! Surtout que l'on assiste à une véritable passation entre génération. Les jeunes étudiants réservent un accueil triomphal à leurs aînés. Ils créent même des «boucliers humains» afin de les empêcher d'être pris dans la bousculade. Des scènes de fraternité et de partage s'ensuivent. Mais aussi de grand débat où les plus âgés encouragent leurs enfants, comme ils les appellent affectueusement, de poursuivre le combat. «Vous êtes l'avenir du pays. Le changement ne passera que par vous. Vous avez déjà montré l'exemple, continuez!», est une phrase lancée entre deux slogans anti- Bouteflika. Néanmoins, même le bruit assourdissant des hélicoptères des services de sécurité, qui ont survolé Alger durant toute la marche, n'ont pas «couvert» les cris de colère de ces Algériens.
«Nous sommes déterminés. Nous ne lâcherons rien. Qu'ils continuent dans leur autisme, nous continuerons nos thérapies», soutiennent les manifestants. Ils resteront d'ailleurs rassemblés jusqu'en fin d'après-midi. Cela dans une atmosphère toujours aussi «silmiya», et ce malgré la forte mobilisation des forces de l'ordre qui ont barricadé le boulevard Mohamed V, empêchant toute circulation sur ce tronçon. Les manifestations contre le prolongement du mandat du chef de l'Etat se sont donc poursuivies avec une déferlante humaine sur les quatre coins du pays. Un avant-goût du vendredi prochain qui s'annonce de encore plus... «chaud»!

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