Accueil |Nationale |

ALLIANCE PRÉSIDENTIELLE

la déconfiture

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Une alliance que de nomUne alliance que de nom

Les bases militantes de ces partis, du reste minées de l'intérieur, se démarquent des positions de leurs directions centrales respectives.

Les structures des partis au pouvoir partent en vrille. Isolés, paniqués, ces partis cristallisent en partie le rejet de tout un peuple. Soutiens inconditionnels du chef de l'Etat, ils en paient les frais. Ils se désagrègent sous la pression de la rue et de leurs bases respectives. En l'absence d'alternative et de réponse face aux demandes populaires, ces appareils risquent d'être emportés par le tourbillon de la protesta populaire. Caporalisés par le chef de l'Etat de par sa apolitique de «porte battante», ces partis aux ordres, dont les chefs ont été tout le temps parachutés, ont perdu toute leur crédibilité. Dans ce contexte, le parti «majoritaire dans toutes les institutions élues», en l'occurrence le FLN est actuellement dans l'oeil de cyclone. La crise sans précédent qui secoue ce parti risque de l'imploser définitivement d'autant plus que toutes ses structures et instances ont été dissoutes par le chef de l'Etat. Ce parti est aujourd'hui miné plus qu'auparavant par une guerre atroce de contrôle que se livrent ces différents clans à couteaux tirés. Cet état des lieux, certains chefs de file, qui veulent surfer sur la vague du mouvement populaire, contestent la feuille de route du chef de l'Etat, également président du FLN. C'est le cas de Abdelkrim Abada, coordinateur du mouvement des redresseurs. Il est allé jusqu'à s'opposer au cinquième mandat du président. Désigné pour rejoindre l'instance dirigeante de Mouad Bouchareb, il a décliné l'offre au motif que nombre d'entre les membres de cette instance seraient à l'origine des différentes crises ayant secoué le parti. A la tête du FLN de 2005 à 2013, l'ancien secrétaire général du parti, Abdelaziz Belkhadem, qui a été chassé du parti et destitué par le président Bouteflika de son poste de conseiller spécial, avant d'être réhabilité en 2018, agit dans l'ombre. Ce dernier, qui n'a jamais abandonné son ambition de se présenter à l'investiture suprême, voudrait reprendre la tête du FLN lors du prochain congrès. Abderrahmane Belayat, qui comptait parmi les alliés de Belkhadem, a accepté d'intégrer l'instance dirigeante, pilotée par Mouad Bouchareb. L'ancien dirigeant de l'ex-parti unique Layachi Dadoua a lui aussi refusé d'intégrer la direction provisoire du parti. Les groupes de Amar Saâdani et Djamel Ould Abbès ainsi que Mahdjoub Bedda, restent en embuscade. Venue très en retard, la décision de fixer la date de la tenue du congrès extraordinaire pour élire un nouveau secrétaire général, prise par l'actuel directoire, est jugée «peu importante» avec l'avènement de la protesta populaire. Illustrant cette discorde, plus de 70 mouhafedhs du FLN, réunis, avant-hier à Lakhdaria (Bouira), ont exprimé leur soutien au mouvement populaire contre Bouteflika et exigeant le départ du système. Ils s'inscrivent en porte-à-faux avec les déclarations de Mouad Bouchareb, président de l'instance dirigeante du parti, qu'ils qualifient d' «illégitime».

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha