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TOURNÉE EXPLICATIVE DE LAMAMRA

L'homme qui sait parler au monde

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Ramtane Lamamra avec son homologue allemandRamtane Lamamra avec son homologue allemand

Rassemblements du vendredi et du mardi, marches diverses et quotidiennes, actions diplomatiques, aspect sécuritaire, la vie de la nation est trop exposée aux risques. Où en est-on?

Etat des lieux. Commençons par les toutes dernières nouvelles. Ramtane Lamamra, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères s'est rendu, hier, en Allemagne. Dans la conférence de presse qu'il a animée conjointement avec son homologue allemand, Lamamra a affirmé que l'Algérie était «capable de surmonter cette étape», en référence aux manifestations contre le 5ème mandat. «La non-ingérence dans les affaires internes des pays tiers est un principe fondamental de notre politique étrangère hérité aussi de notre révolution et du combat de l'Algérie au sein de l'Organisation des pays non alignés», a-t-il souligné. Ramtane Lamamra est par ailleurs resté sur la même ligne de défense par rapport à la feuille de route du président Bouteflika en réitérant que la «Conférence nationale inclusive» devrait induire le changement du système en Algérie et qu'elle sera couronnée par «l'élection d'un nouveau président de la République». Il était, avant-hier, à Moscou et lundi en Italie. Pour déceler l'objet de cette tournée, rien de mieux que sa déclaration faite après avoir été reçu par le président du Conseil des ministres italien. Dans une forme, tout en nuances, propre aux diplomates, il a précisé être chargé de «rassurer nos partenaires internationaux» sur ce qui se passe dans notre pays qu'il qualifie de «moment qui se passe en famille» et que «nous sommes profondément attachés aux principes de non-ingérence dans les affaires internes de notre pays».

langage protocolaire
Pour enchaîner sur une mise en garde contre «des forces occultes, des ONG et des individus (qui) développent des intentions d'ingérence et d'intervention dans nos affaires internes». En langage moins protocolaire, Lamamra est allé informer la communauté internationale que si la contestation populaire se déroule admirablement et de manière pacifique, il n'en reste pas moins que certains esprits malfaisants activent pour transformer «ce qui est beau» en «malheur». Il est certain que si notre ministre a fait le déplacement, c'est pour emporter avec lui des preuves de ce qu'il avance. Il n'est pas exclu que ce sont celles des appels anonymes sur les réseaux qui sont à l'origine des marches et qui ont fini par être localisées et identifiées. La coopération internationale c'est aussi cela. Pourquoi ces trois pays? L'Italie pour ses liens historiques avec la Libye, la Russie pour ses efforts en Syrie et l'Allemagne pour son trauma des migrants. Sur le plan interne, le président de la République, dans son message à l'occasion du 19 mars, a demandé au «peuple (de) prêter main forte à son armée pour préserver l'Algérie contre les dangers extérieurs, et jouir de la quiétude et de la stabilité». Quand bien même notre «armée est connue pour son haut niveau de professionnalisme et ses sacrifices exemplaires».

Un dialogue structuré
Ce qui rejoint et confirme les risques et menaces énoncés par Lamamra à partir de Rome. Et c'est exactement le même souci qui est partagé par le général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah qui était hier en visite d'inspection à la 3ème Région militaire. Dans son allocution à toutes les unités de cette région militaire, via visioconférence, il a eu cette phrase: «Je suis parfaitement convaincu que le peuple algérien, qui a toujours placé les intérêts de la Nation au-dessus de toute considération, dispose des aptitudes nécessaires pour éviter à son pays toute conjoncture pouvant être exploitée par des parties étrangères hostiles.»
Plus de doute possible, si ces trois hauts responsables de l'Etat disent la même chose le même jour, c'est que des faits ou des informations, ou les deux à la fois, leur sont parvenus. Même Lakhdar Brahimi, l'ancien ministre des Affaires étrangères semble avoir été mis au courant puisqu'il a déclaré, lundi dernier, qu'il «est indispensable et grand temps d'entrer dans un dialogue structuré afin que le changement souhaité ait lieu et que les dangers menaçant le pays soient évités. Continuer à se tourner le dos est porteur de périls graves pour le présent et pour l'avenir de notre pays». De toute manière et quelle que soit la forme prise par des mouvements de foule, même la plus belle des formes, c'est toujours porteur de risques de dérapage et de servir d'étincelle pour allumer un brasier. Voilà quatre vendredis et même dans les intervalles, que des rassemblements ont lieu à travers le pays pour dire «non à un 5ème mandat» et exiger un «changement de système». Le président de la République a bien reçu le message. Il s'est engagé à ne pas se représenter. Il s'engage aussi à ne ménager aucun effort pour que «l'Algérie vive, dans un avenir proche, une transition harmonieuse et assiste à la remise de ses rênes à une nouvelle génération». Pour ce faire «l'Algérie, dit-il, s'apprête à changer son régime de gouvernance et à renouveler ses systèmes politique, économique et social à la faveur de la Conférence nationale inclusive qui se tiendra dans un très proche avenir avec la participation de toutes les franges du peuple algérien». Le seul problème est de trouver le moyen pour «structurer» l'expression populaire par une représentation à même de participer au «changement de système» tant espéré. Pour que ces rassemblements et marches du vendredi et des autres jours prennent du sens. Et deviennent une force de propositions!

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