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IL ANNONCE SON SOUTIEN AU MOUVEMENT DE PROTESTATION POPULAIRE

Bouchareb tourne casaque

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Le coordinateur du vieux partiLe coordinateur du vieux parti

Prenant sûrement ses rêves pour une réalité, Bouchareb affirme «le peuple n'a jamais été contre le FLN».

Cela relève plus du rêve que de la réalité. Mouad Bouchareb qui, dans un passé récent, avait accusé l'opposition de rêver, vient d'annoncer le soutien «absolu» du Front de libération nationale (FLN) au mouvement de protestation populaire. Le 23 février dernier à Oran, le coordinateur du vieux parti en réaction à la grande marche du premier vendredi, s'était attaqué à l'opposition qui réclame l'alternance au pouvoir en disant «certains politiques et quelques pseudos politiques commencent à rêver. Je leur dis: faites de beaux rêves et bon sommeil. Je leur dis aussi, les enfants rêvent toujours, alors profitez de vos rêves». Hier, il s'est invité et son parti à ce rêve collectif de tout un peuple. Il ne semble plus avoir peur du spectre du chaos et des printemps arabes, brandis au tout début de la colère populaire. Il est même prêt à «défendre avec loyauté pour atteindre les desseins tracés». Ce «soutien surprise» du FLN, le parti du président de la République, a été annoncé, hier, lors d'une réunion avec les mouhafedhs à Alger. Il est plus que surprenant parce qu'en rejoignant le mouvement de protestation populaire, cela signifie que le FLN adopte entièrement les revendications exprimées par les manifestants, à savoir le départ immédiat du président de la République et le changement du système. Or, le FLN fait partie de ce système rejeté par le peuple. Le FLN a-t-il décidé donc de signer son arrêt de mort? Non, puisque Mouad Bouchareb a tenté, lors de son intervention, de défendre les militants. Il a commencé par affirmer que les militants du FLN, de la base à la direction nationale, ont toujours été victimes de diffamations et accusés de tous les maux, or, ces derniers n'ont comme revenu que leur salaire «90% des militants n'ont qu'un seul compte, le compte CCP et j'en fais partie»! Mais Bouchareb défend les nationalistes du parti et non pas les harkis. Parce qu'apparemment et selon ses affirmations «(...) Il y a des harkis au sein du parti» (Sic)! Plus grave encore «depuis la mort de Boumediene, nous n'avons pas réussi à trouver un consensus» a déclaré le chef intérimaire du FLN. Mouad Bouchareb semble avoir la mémoire courte. Il y a moins d'un mois, l'intronisé à la tête de l'APN et du FLN en un tour de main, n'avait pas hésité à comparer le président Bouteflika à un prophète. «Dieu a envoyé Bouteflika en 1999 pour réformer la nation algérienne et lui rendre la place qui est la sienne», avait-il affirmé. Aujourd'hui, il déclare que le président n'a pas réussi à faire le consensus au sein du FLN! Prenant sûrement ses rêves pour une réalité ou n'ayant pas pris connaissance des slogans populaires, Bouchareb affirme que «le peuple n'a jamais été contre le FLN qui est né de la matrice de ce peuple et n'a jamais été contre lui. Il y avait des mercenaires qui ont altéré le discours du parti pour porter atteinte à son image». Pour se laver les mains de la crise et la situation que connaît le pays actuellement, le coordinateur du FLN ne va pas chercher loin. Il porte des accusations envers son allié au pouvoir, le RND. «Certaines personnes essayent d'imputer des accusations au FLN, or, vous savez que depuis plusieurs années, voire même les dernières années, et depuis 1999 jusqu'à présent, le FLN n'a pris la chefferie du gouvernement que quelques années» rappelle Bouchareb ajoutant que «l'Exécutif n'était pas entre les mains de notre parti». Par cette déclaration, Bouchareb pense pouvoir effacer des décennies de soutien aveugle aux programmes de l'Exécutif. Enfin, affirmant que «la souveraineté populaire est la base de tout système de gouvernance», Bouchareb estime que «le peuple sortira de cette crise par la grande porte» et... «le FLN aussi». Par cette prise de position, il n'y a plus lieu de parler du déchirement au sein du FLN ni des différentes tendances et groupes qui s'affrontent en son sein. L'heure est au revirement. Un changement de cap de 360°. Simplement dit, le FLN tourne casaque.

Le Conseil d'Etat saisi
Selon des informations relayées par les sites électroniques, 28 membres du comité central ont saisi, hier, le Conseil d'Etat pour dissoudre l'instance dirigeante du parti, présidée par Mouad Bouchareb.

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