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IL ACCUSE DES FORCES NON CONSTITUTIONNELLES D'AVOIR DIRIGÉ L'ALGÉRIE SEDDIK CHIHAB FERA-T-IL TOMBER LES MASQUES?

Seddik Chihab fera-t-il tomber les masques?

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Il est vraisemblablement trop tardIl est vraisemblablement trop tard

«L'Algérie a été dirigée par ces forces durant au moins ces cinq, six ou sept dernières années», a déclaré mardi le porte-parole du RND sur le plateau de la chaîne de télévision El Bilad.

Le grand déballage. Il donne surtout une piètre image d'une Alliance présidentielle qui, a en croire les déclarations de certains de ses responsables, n'affichait qu'une unité de façade. On assiste de surcroît à des retournements de vestes spectaculaires à un moment où un vent de liberté exceptionnel souffle sur le pays. Il augure d'un changement de système irréversible, dicté par la volontée populaire, portée par un mouvement de contestation sans précédent dans l'histoire de l'Algérie. S'il s'agit de prendre le train en marche, il est vraisemblablement trop tard. S'il est question de faire son mea culpa, il est aussi trop tard. Un cliché renvoyé, incarné par une des figures les plus en vue du Rassemblement national démocratique, un parti qui s'est rangé aux côtés du président de la République depuis son accession à la tête du pays en 1999 et qui lui a apporté un soutien constant, sans faille depuis. Une position confirmée lorsque l'actuel locataire d'El Mouradia a décidé de briguer un 5ème mandat. Seddik Chihab, puisqu'il s'agit de lui, estimait «impossible de trouver un président de consensus autre que Bouteflika», dont le maintien à la tête de l'État est donc «une nécessité politique» à l'occasion d'un conseil de wilaya élargi de son parti, qui s'est tenu le 28 octobre 2018 au Musée du moudjahid de Tizi Ouzou, avec comme ordre du jour le vote d'une motion de soutien à un 5e mandat de Bouteflika. «Le président exerce normalement ses fonctions constitutionnelles», a-t-il renchéri, trois jours plus tard, lors d'une interview à TSA. Une position sur laquelle il campera solidement, jusqu'à il y a quarante-huit heures avant de faire des révélations fracassantes qui apportent incontestablement de l'eau au moulin au «Hirak» qui a débuté le 22 février. «L'Algérie a été dirigée par des forces non constitutionnelles durant au moins ces cinq, six ou sept dernières années», a déclaré mardi, le porte-parole du RND sur le plateau de la chaîne de télévision El Bilad. «Il y a des forces qui sont gênées par les partis. Il s'agit de forces non structurées. Des forces non constitutionnelles, non organisées, etc. Elles sont partout. L'Algérie a été dirigée par ces forces durant au moins ces cinq, six ou sept dernières années», enchaînera le bras droit de Ahmed Ouyahia avant de lancer une autre bombe. Seddik Chihab reconnaîtra que la candidature de Bouteflika était «une erreur». «Nous avions manqué de perspicacité. Naturellement, c'était une aventure», avouera le lieutenant de l'ex-Premier ministre. Un aveu qui résonne comme un mea culpa qui, d'une part fait voler en éclats une Alliance présidentielle de pacotille. Il signe de surcroît la fin d'un système en perdition qui vraisemblablement, ne sait plus sur quel pied danser, d'une forme de gouvernance qui était loin de répondre aux aspirations d'une jeunesse, de tout un peuple, qui veut transpercer le voile de l'opacité. Passer de l'ombre à la lumière. Agir et gouverner au grand jour, dans toute la transparence. Les révélations du porte-parole du Rassemblement national démocratique insinuent sans détours, que les décisions qui engagent l'avenir du pays, de celui de cette jeunesse qui ne jure que de faire table rase du passé, ont été prises hors du cadre constitutionnel. Ce qui donne encore plus de légitimité à ce «Hirak», à ces marches pacifiques qui font l'admiration du monde pour l'avènement d'une IIe république. Seddik Chihab ira-t-il au bout de ses révélations aussi inattendues que spectaculaires? Osera-t-il faire tomber les masques? Son parti s'est déjà érigé en rempart pour que le désavouer. «Dans un débat orienté et où il y avait de la provocation, notre collègue a été poussé vers une réaction émotive et parfois à un éloignement des positions connues du parti», souligne le RND qui a réitéré sa fidélité au président de la République, dans un communiqué rendu public hier. Seddik Chihab se taira-t-il? Ses déclarations ont, en tout cas, fait l'effet d'un séisme, ses répliques seront de la même intensité...

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