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TREIZE JOURS APRÈS SA NOMINATION, IL PEINE TOUJOURS À CONSTITUER SON ÉQUIPE

Bedoui dans la tourmente

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Le Premier ministreLe Premier ministre

Le temps ne joue pas en sa faveur et son incapacité, aujourd'hui évidente, à être à la hauteur des défis, détricote toute la stratégie imaginée par le chef de l'Etat pour organiser la succession à la tête du pays.

Installé le 11 mars dernier au poste de Premier ministre, Nouredine Bedoui peine à mettre en place l'équipe gouvernementale censée conduire la première étape de la transition, à savoir la mise en place de la conférence nationale inclusive. Il est vrai que constituer tout un Exécutif de plus d'une quinzaine de ministres au moins, missionnés pour une très courte durée qui ne saurait dépasser les quelques mois, n'est pas du tout évident. Cela n'a d'ailleurs jamais été envisagé dans les annales de la République. Bedoui, dont la tâche est donc objectivement difficile l'a compliquée en promettant une composante gouvernementale rajeunie et représentative de la mosaïque sociopolitique du pays.
Il faut croire qu'il n'est pas aisé pour n'importe quel Premier ministre d'allier la spécificité de la mission et l'exigence de compétence. C'est, en tout cas, ce que constatent les observateurs de la scène nationale près de deux semaines après la nomination du Premier ministre. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé, rapportent certaines indiscrétions, qui chiffrent les contacts entrepris. par Bedoui à quelques centaines. Bien qu'on annonce dans l'entourage du Premier ministre une prochaine finalisation de la nouvelle composante de l'Exécutif Bedoui, le rappel des membres de l'ancien gouvernement apporte un signal négatif quant à la capacité du gouvernement à donner du sens au plan de travail du président de la République.
Défendue par le Président Bouteflika, à l'occasion de son message du 19 mars dernier, la conférence nationale inclusive se retrouve dans l'impasse. Et pour cause, si le Premier ministre n'a pas montré assez de compétence pour former un gouvernement de technocrates, comment pourrait-il convaincre plus d'un millier d'Algériens, parmi eux, des personnalités de premier plan, à rejoindre ladite conférence qui semble véritablement compromise. Y a-t-il eu une erreur de casting dans le choix du successeur de Ahmed Ouyahia? La question mérite d'être posée, en ce sens que l'impression qui se dégage est que la mission confiée à Bedoui est trop lourde pour ses épaules de technocrate.
Silencieux depuis sa fameuse conférence de presse où il n'a pas vraiment brillé, le Premier ministre donne l'impression d'être ligoté par la phase historique que traverse le pays. Le temps ne joue pas en sa faveur et son incapacité, aujourd'hui évidente, à être à la hauteur des défis, détricote toute la stratégie imaginée par le chef de l'Etat pour organiser la succession à la tête du pays.
D'un autre côté, il serait trop facile de jeter la pierre à Nouredine Bedoui, tellement la mission paraît compliquée. On peut faire le tour de toute la technostructure du pays, sans trouver une femme ou «un homme providentiel» susceptible de former un gouvernement jeune, représentatif et crédible aux yeux de l'opinion en quelques jours. Et plus encore, cette équipe se donne la mission de convaincre les Algériens et les politiques d'adhérer à un processus de dialogue que, jusque-là, tout le monde rejette. Cela en l'espace de quelques mois. Et au final remettre le tablier à la direction de cette conférence. Un travail de titan que Bedoui ne parvient même pas à entamer.
Même si l'on ne peut pas parler d'échec tant que le Premier ministre n'a pas jeté l'éponge, le retard, du reste explicable, dans la formation du gouvernement, illustre l'impossibilité du consensus autour du plan présenté par le président de la République. Les observateurs estiment que le pays pourrait tourner ainsi dans le vide pendant des mois, sans avancer d'un iota dans le règlement de la crise. Car en ne trouvant pas d'interlocuteur parmi les opposants et dans la rue, le système pourrait mal réagir. On entrerait dans une phase de pourrissement que personne en Algérie ne souhaite. Faut-il que les Algériens acceptent le principe du dialogue proposé par le président pour éviter une déflagration dommageable pour tous? Ou sommes-nous dans une logique de bras de fer et le perdant, entre le pouvoir et l'opposition, reconnaîtra sa défaite? En tout cas, dans cette partie qui se corse, le peuple est l'arbitre.
Il a déjà sifflé un hors jeu pour Bedoui. A moins que ce dernier ne parvienne à revenir sur le terrain, ces jours-ci, avec une équipe, un programme et un discours qui convainquent. Rien n'est moins sûr.

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