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POSITIONS FLUCTUANTES DU FLN ET AU RND

La girouette a le vertige

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La girouette a le vertige

Qui assurera que le prochain président ne dissoudra pas le FLN pour répondre à une demande de la rue?

Après Mouad Bouchareb et Ahmed Ouyahia qui se sont exprimés tour à tour, la semaine dernière, pour apporter leur soutien aux manifestations populaires sans lâcher ouvertement le président Bouteflika, est venu le tour des seconds couteaux Il y a quelques jours, c'est le porte-parole du RND qui a tenu d'incroyables propos sur la gestion du pays et le cinquième mandat et hier, c'était Hocine Khaldoun, membre du directoire du Front de Libération nationale (FLN) qui a publiquement lâché le président Bouteflika. Dans un entretien à Dzair News, Khaldoun a affirmé que le plan de travail du président Bouteflika n'est plus valable. «Nous allons réviser notre position sur la conférence nationale. Nous avons lu les communiqués de l'opposition, chacun a sa vision, et tout est rejeté par le mouvement populaire», lâche l'invité de Dzair News qui ajoute sans sourciller qu' «au FLN, nous disons que cette conférence ne va pas régler le problème, parce que celui qui y sera présent n'est pas élu. Qui va mander les participants? À notre avis, la conférence n'est plus valable». Ces propos limpides ne viennent pas de l'opposant Soufiane Djillali, mais du porte-parole de l'instance dirigeante du parti présidée par Bouteflika! Le FLN est-il déjà dans le coup d'après? Le porte-parole de l'instance dirigeant de l'ex-parti unique et ex-parti majoritaire, estime que pour sortir de la crise actuelle, il faut une élection présidentielle. L'idée est d'ailleurs accréditée par plusieurs observateurs. «Il s'agit maintenant d'élire un président de la République. Si on veut gagner du temps, on crée l'instance indépendante de contrôle des élections et on amende la loi électorale pour garantir la transparence des élections. Le président qui sera élu, c'est lui qui s'adressera au peuple et au 'Hirak''», propose Khaldoun plaçant ainsi son parti totalement en porte-à-faux avec le président de la République et avec le gouvernement Bedoui dont le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, s'échine depuis des jours à expliquer aux puissants de ce monde le bien-fondé du plan de travail de Bouteflika. L'autre risque contenu dans les propos de Khaldoun est que, selon lui, le FLN ne prendra pas part à la présidentielle qu'il annonce. Cela signifie que le vieux parti n'aura pas de candidat à cette échéance et au mieux il soutiendra un prétendant proche de ses thèses. Mais cela signifie également que le risque de mettre le sigle du FLN au musée est probant. Qui assurera que le prochain président ne prendra pas cette décision en réponse à une demande de la rue? Par ailleurs, cette sortie de Hocine Khaldoun surprend du fait que si le FLN renonce à participer à l'élection présidentielle, cela confirmerait que l'ancien parti unique pourrait s'acheminer vers la restitution de ce sigle qui appartient à tous les Algériens et dont ces derniers réclament la paternité. On objectera certes, le fait que ce responsable ne représente pas la direction du FLN, mais ses propos traduisent une rupture totale de la communication dans la direction du parti qui ne sait plus dans quelle direction aller. Le RND est exactement dans la même posture. Il y a quelques jours,son porte-parole Seddik Chihab, a lancé un pavé dans la mare en affirmant lui aussi dans une émission sur El Bilad TV que «depuis ces dernières anneés le pays est géré par des forces non constitutionneles». Des déclarations qui ont eu l'effet d'un véritable séisme dans les milieux politiques, surtout que ces propos confortent admirablement les dires d'opposants comme Ali Benflis auteur de cette sentence selon laquelle le pays est géré par des forces non constitutionnelles. Seddik Chihab, connu pour la mesure dans ses propos, savait certainement à qui il s'adressait. Dans sa lancée, il a également concédé: «Nous n'avons pas eu le courage nécessaire pour exprimer tout ce que nous pensions de cette candidature qui paraissait anormale». Incroyable aveu pour un homme politique. Puis, comme pour enfoncer le clou, il ajoute notamment: «Nous n'étions pas convaincus de la candidature du président.» Les événements s'accélèrent et les positions évoluent tellement vite que parfois elles donnent du vertige à une girouette.

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