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LA SITUATION DE BLOCAGE PERSISTE DANS L'ATTENTE D'UN VRAI DÉGEL

L'armée veut en découdre avec la crise institutionnelle

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La démission du président sortant est conçue comme l'unique solution à même d'épargner au pays de sombrer dans l'incertitude politique et le vide constitutionnel.

Le pays vit au rythme d'une situation «kafkaïenne» sur le plan politique. L'impasse se précise au fil des jours, les luttes se font sentir davantage au niveau des institutions qui sont censées se définir comme étant des institutions républicaines animées par la seule vertu, à savoir l'attachement viscéral à la Constitution en sa qualité de garante du bon fonctionnement des rouages de l'Etat.
La crise institutionnelle s'exacerbe, les issues et les alternatives ne semblent pas s'esquisser d'une manière claire à la faveur d'une situation de «détente» institutionnelle en mesure de répondre aux aspirations et aux attentes de tout un peuple qui a montré que le changement pourrait se faire avec un sens de pacifisme et civisme qui ne souffrent d'aucune visée tendancieuse ou malhabile.
L'acte VI de la mobilisation populaire a sonné comme une espèce de «manifeste» pour un changement de système de fond en comble et aller vers une nouvelle République qui coupe court avec le système en place. Les enjeux s'expriment maintenant sur fond de repositionnement clanique en usant des subterfuges qui ressemblent plus à des contorsions contre la Loi fondamentale. Les artifices constitutionnels sont usités à tort et à raison, le président sortant a eu recours au report de l'élection présidentielle, ce qui est en soi une contorsion faite à la Constitution, pour ne pas dire qu'il s'agit d'un acte anticonstitutionnel. Le chef d'état-major et vice-ministre de la Défense nationale quant à lui, il a proposé l'application de l'article 102 comme disposition constitutionnelle pour permettre à la crise institutionnelle de connaître un dénouement heureux et mettre un terme à l'impasse qui plane sur les institutions du pays. Selon toute vraisemblance, l'article 102 a troublé les partisans du président sortant au même titre que le Conseil constitutionnel dont le président est un fidèle du président sortant.
La proposition qui a été rejetée par la rue lors de l'acte VI de la mobilisation populaire, le vendredi dernier, a fait accélérer le processus politique en allant jusqu'à apporter plus de sens en matière de dispositif constitutionnel à l'article 102 en le renforçant par les articles 7 et 8 pour ouvrir une brèche vers une issue salutaire qui sera en osmose avec l'esprit et la lettre de la Constitution.
Cette nouvelle démarche qui se propose comme une sortie de crise dans laquelle est plongé le pays, se veut comme une solution qui sera en phase avec la demande du peuple qui veut user de sa souveraineté populaire pour opérer son changement en allant vers une nouvelle République où la démocratie et les libertés dans la différence soient exprimées via un suffrage universel qui sera déterminé lors d'un grand débat qui sera garanti durant une période de transition qui sera en mesure d'opérer les changements escomptés par la majorité du peuple.
Mais depuis deux jours, la situation est en train de connaître une véritable ébullition au sein de la société, ladite société à travers ses manifestations et sa mobilisation permanente exige le départ du président sortant et son système.
La démission du président sortant est conçue comme l'unique solution à même d'épargner au pays de sombrer dans l'incertitude politique et le vide constitutionnel.
La lutte prend une dimension gravissime, avec l'obstination du Conseil constitutionnel a ne pas actionner la procédure quant à la déclaration de l'incapacité du président sortant à gérer les affaires de l'Etat. C'est dire que le clan présidentiel fait dans la résistance, voire une manière pour maintenir la crise et pousser le pays vers un scénario du chaos.
L'on assiste à une situation politique où un nombre de partis demande et exige à ce que le président sortant dépose sa démission y compris de ceux qui appartenaient à l'Alliance présidentielle. Le clan présidentiel est lâché par tout le monde, mais il est désavoué surtout par la rue. Cette nouvelle donne fait craindre le pire, puisque maintenant les luttes dans le cadre des rapports de force s'expriment vertement à travers la dernière réunion du chef d'état-major avec les chefs des commandements et le chef de la 1ère Région militaire. Le choix est fait, c'est la mise en oeuvre de la disposition constitutionnelle qui sera un début vers un dégel de la crise.

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