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ZIARI, ANCIEN PRÉSIDENT DE L'APN S'EXPRIME

"Une nouvelle Constitution s'impose"

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Abdelaziz ZiariAbdelaziz Ziari

Evoquant la toute fraîche recomposition du gouvernement, l'intervenant souligne qu'elle est «une nécessité technique», et ce pour la gestion de l'Etat, le temps d'aller vers l'organisation d'une élection présidentielle qui se déroulerait dans les règles de l'art.

L'ancien président de l'Assemblée populaire nationale (APN), Abdelaziz Ziari a réagi, hier, à la Radio nationale chaîne 3, aux derniers événements ayant émaillé le pays. Evoquant la toute fraîche recomposition du gouvernement, l'intervenant souligne qu'elle est «une nécessité technique», et ce, pour la gestion de l'Etat, le temps d'aller vers l'organisation d'une élection présidentielle qui se déroulerait dans les règles de l'art. Mais voilà, celui qui s'est retiré de la présidence de l'APN en 2012, se demande toutefois si «la période de transition telle que définie par la Constitution sera suffisante pour mettre en place les mécanismes nécessaires». Nécessaires, pour qu'enfin le peuple puisse s'exprimer par la voie des urnes. Car selon lui, il est peu probable que ce soit le cas. Et pour cause, il explique que la mise en place de ces nouveaux instruments demande du temps. «Cela exige notamment la mise en place d'une instance nationale chargée d'organiser une élection propre et saine». Là encore, Abdelaziz Ziari précise qu'il faut encore arriver à convaincre le peuple si ce n'est à lui donner la garantie que les personnes qui le représenteront porteront ses revendications.
L'invité de l'émission fait savoir dans ce sens, que comme demandé par les citoyens, il faut clairement aller vers un nouveau mode de gouvernance. Celui-ci doit se baser, souligne-t-il, sur un juste équilibre entre les institutions de l'Etat, à savoir réussir à créer une harmonie parfaite entre le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et enfin le pouvoir judiciaire.
Abdelaziz Ziari dira par ailleurs, avoir déjà soulevé la nécessité d'apporter de telles réformes alors qu'il était en fonction, mais en vain. «Dans un pouvoir il y a des résistances et l'intérêt dévorant de certain prime sur le reste», expliquera-t-il. Et d'après lui, ce sont ces forces dominantes qui ont induit cette situation de crise actuelle. Il fera encore remarquer que la Constitution n'a prévu dans aucun article cette «insurrection citoyenne». Parlant des manifestations des citoyens contre le régime en place, Ziari évoque un fait «inédit et exceptionnel». Pour lui, cette révolte populaire est le fruit d'une rupture de confiance entre «dirigeants et dirigés». Le peuple, poursuit-il, «ne se sentant ni représenté par les opposants encore moins par d'autres partis politiques, a investi la rue» pour crier ses propres revendications et ses propres slogans. Abdelaziz Ziari insiste encore sur le fait que «des réformes auraient dû être menées depuis des années». Il estime qu'à l'heure actuelle, la solution à la crise doit être d'ordre politique et non d'ordre constitutionnel. Dans ce registre, Abdelaziz Ziari juge tout de même que l'application de l'article 102 comme annoncé par le chef d'état-major, Gaïd Salah est bien une solution «utile». Car, argumente-t-il: «Le temps d'aller vers une nouvelle République, l'Etat ne peut s'arrêter de fonctionner malgré la situation.» Il a en outre souligné que «l'article 102 est favorable dans le sens ou il évitera un vide à la tète de l'Etat». Cependant, Abdelaziz Ziari relève ce qu'il pense être un dialogue de sourds entre tous les acteurs de cette conjoncture. L'armée prend des décisions d'un côté, idem pour le pouvoir, au même temps, le peuple rejette jusque-là toutes les décisions émanant du gouvernement: «Les avis ne se rejoignent absolument pas.» La difficulté est aujourd'hui d'arriver à trouver des compromis, d'une part en respectant les désirs des citoyens, de l'autre, garder la stabilité de l'Etat tout en procédant à des changements drastiques au sein du gouvernement, a-t-il expliqué. Abdelaziz Ziari a, par ailleurs, indiqué que l'édification d'une nouvelle République ne peut se faire qu'à travers la modification de la Constitution. A ce niveau, il va falloir, dit-il «redéfinir le rôle de chaque institution» pour parvenir à s'orienter plus vers un régime «républicain».
Il conclut en estimant qu'il serait un non-sens de désigner un nouveau président et de l'habiller de la même Constitution, car «le même problème risque de survenir encore et encore».

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