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RAMTANE LAMAMRA

Un patriote en réserve de la République

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Un patriote en réserve de la République

Il a eu comme délicate mission de convaincre les principales capitales occidentales, Rome, Berlin et Moscou que la crise que traverse l'Algérie est une affaire interne.

C'est en patriote convaincu qu'il a répondu pour éviter à l'Algérie de ne pas basculer dans le chaos. Désigné au poste de vice-Premier ministre après la démission d'Ahmed Ouyahia tout en retrouvant son poste de chef de la diplomatie, son terrain de prédilection, il avait pour délicate mission de convaincre les principales capitales occidentales, Rome, Berlin et Moscou que la crise que traverse l'Algérie est une affaire interne. Une affaire de famille. Un exercice «périlleux»qui s'est fait dans le cadre de la feuille de route tracée par le président de la République, qui avait renoncé à son cinquième mandat sous une pression populaire exceptionnelle née du mouvement de contestation historique du 22 février. En diplomate brillant et chevronné il s'acquittera admirablement de cette tâche. Il en paiera cependant le prix fort. Son image de personnalité intègre en prendra un sérieux coup. Sa démarche ayant été perçue comme une proximité avec un système dont ne veut plus entendre parler un Hirak déterminé à faire aboutir sa principale revendication: en finir avec l'actuel pouvoir. La proposition de sortie de crise du chef de l'Etat étant suspectée de n'être qu'une tentative de sauvetage du système actuel. Les dés étaient jetés. Ramtane Lamara devenait à partir de ce moment- là une potentielle victime à sacrifier sur l'autel d'une crise politique sans précédent que traverse l'Algérie depuis son accession à l'indépendance. Devant l'imbroglio créé par le renoncement de Bouteflika à sa propre succession et à sa décision d'annuler l'élection présidentielle du 18 avril prochain, l'application de la feuille de route présidentielle pour laquelle Ramtane Lamara a été rappelé, devenait pratiquement mission impossible. Sa désignation au poste de vice-Premier ministre pour seconder le successeur d'Ahmed Ouyahia et diriger la diplomatie algérienne n'aura eu qu'une vie éphémère: 18 jours, du 13 au 31 mars. Une expérience «malheureuse» qui ne peut cependant en rien assombrir une carrière de diplomate brillant. Ses compétences attestées sont reconnues et recherchées par les instances internationales qui lui ont confié des missions sur lesquelles s'est construite sa réputation de fin diplomate. Il sera notamment Représentant permanent de l'Algérie auprès de l'ONU entre 1993 et 1996, commissaire pour la Paix et la Sécurité de l'Union africaine entre 2008 et 2013, il dirigera la diplomatie algérienne entre 2013 et 2017 avant d'être mis à l'écart. Il reviendra aux affaires en mars 2019 pour être nommé vice-Premier ministre tout en chapeautant la diplomatie du pays. Une courte expérience qui durera moins de trois semaines. Sa non-reconduction dans le gouvernement Bedoui a surpris bien des observateurs. A-t-il été sacrifié pour calmer un Hirak en effervescence qui a vu dans sa tournée européenne une offensive pour contrer ses revendications? Si les spéculations ont été bon train, elles n'entameront certainement en rien la crédibilité d'un des plus brillants diplomates que l'Algérie a eu à enfanter. «L'Algérie pays exportateur net de paix» porte son empreinte.

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