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APRÈS LA SOMMATION DE L'ARMÉE POUR LE STRICT RESPECT DE LA CONSTITUTION

Bouteflika Cède

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Une victoire d'étape pour la rueUne victoire d'étape pour la rue

Le départ de Abdelaziz Bouteflika est une belle victoire du peuple qui restera dans les annales du pays lui-même, mais également dans celles de la communauté internationale, comme l'un des faits historiques les plus retentissants de ce XXIe siècle.

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel, sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de président de la République, a-t-on appris hier auprès de la présidence de la République. Par cette courte dépêche, l'APS annonce la fin d'une crise qui aura duré plus d'un mois. Elle clôt également une étape de l'histoire de l'Algérie indépendante. La démission du chef de l'Etat qui est intervenue à l'issue d'une réunion au grand complet de tout le commandement de l'ANP où le ton a été très dur, est prioritairement une victoire du mouvement populaire. A travers ces grandes marches pacifiques, le peuple algérien a réussi l'exploit de pousser à la porte de sortie un président, dont il a contesté la candidature pour un cinquième mandat. Ainsi, après six grandes mobilisations qui ont ébloui toute la planète, les Algériens ont pu atteindre leur premier objectif, sans qu'il n'y ait besoin de pratiquer la moindre violence, ni du côté des forces de l'ordre ni de celui des manifestants. Cette issue qui n'était pas du tout évidente, il y a à peine un mois et demi est désormais une réalité historique à inscrire à l'ordre d'un peuple qui a pu montrer une exceptionnelle maturité politique. Le désormais ancien président de la République a tenté de négocier avec les Algériens en proposant un cinquième mandat écourté, ensuite un quatrième mandat allongé d'une année, le temps d'organiser la succession n'a visiblement pas convaincu. Comment pouvait-il convaincre alors qu'il n'avait pas la possibilité de s'adresser au peuple? Ce dernier qui, de semaine en semaine et de slogan en slogan, a démontré son attachement à sa République et rallié l'armée à sa cause, vient d'ouvrir une nouvelle page de son Histoire. Le départ de Abdelaziz Bouteflika est forcément une belle victoire d'une mobilisation populaire qui restera dans les annales du pays lui-même, mais également dans celles de la communauté internationale, comme l'un des faits historiques les plus retentissants de ce XXIe siècle. Il reste maintenant à mettre en oeuvre l'article 102, avec s'il le faut, les aménagements que les uns et les autres, parmi le personnel politique proposent pour garantir un respect total de la volonté populaire, comme le stipulent d'ailleurs les articles 7 et 8 de la Constitution. La phase que devra traverser l'Algérie ne sera certainement pas de tout repos, mais elle devra être la plus courte possible pour éviter toute dérive. Les Algériens qui ont montré un sens exceptionnel d'éveil citoyen et politique, trouveront le moyen de rester unis et solidaires, jusqu'à la sortie de la crise et l'élection du prochain président de la République.
En attendant, il y a lieu de souligner que même si la fin du parcours présidentiel de Abdelaziz Bouteflika, aura été chaotique pour lui, son entourage et ses alliés, il serait injuste d'affirmer que les quatre mandats qu'il a passés à la tête de l'Etat auront été en pure perte pour le pays. Sous sa présidence, beaucoup de choses ont été réalisées. Des millions de logements, des infrastructures de base et grands barrages, des universités... bref, l'Algérien a vu son niveau de vie s'améliorer nettement. Mais trahi par une maladie qui a trop duré et handicapé l'homme, celle-ci l'ayant éloignant totalement du champ de vision de son peuple, aura été son plus grand adversaire. Il faut reconnaître que ce ne sont pas les opposants qui l'ont mis K.-O, mais bien son incapacité physique qui a poussé le peuple à lui refuser un cinquième mandat.

Ce que prévoit 'article 102 de la Constitution
Il concerne l'état d'empêchement du président de la République d'exercer ses fonctions. Lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l'unanimité, au Parlement de déclarer l'état d'empêchement». Le Parlement siégeant en chambres réunies déclare l'état d'empêchement du président de la République, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres et charge de l'intérim du chef de l'Etat, pour une période maximale de quarante cinq (45) jours, le président du Conseil de la nation, qui exerce ses prérogatives dans le respect des dispositions de l'article 104 de la Constitution. En cas de continuation de l'empêchement à l'expiration du délai de quarante cinq (45) jours, il est procédé à une déclaration de vacance par démission de plein droit, selon la procédure visée aux alinéas ci-dessus et selon les dispositions des alinéas suivants du présent article. Selon le même article, en cas de démission ou de décès du président de la République, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive de la présidence de la République. Il communique immédiatement l'acte de déclaration de vacance définitive au Parlement qui se réunit de plein droit. Le président du Conseil de la nation assume la charge de chef de l'Etat pour une durée de quatre-vingt-dix (90) jours au maximum, au cours de laquelle des élections présidentielles sont organisées. Le chef de l'Etat, ainsi désigné, ne peut être candidat à la présidence de la République.

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