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DÉMISSION DU PRÉSIDENT ABDELAZIZ BOUTEFLIKA

La presse française réagit

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«Le président a parfaitement compris le message de la rue»«Le président a parfaitement compris le message de la rue»

Le quotidien Libération, qui en a fait sa «une» tout en retraçant le parcours du chef de l'Etat, a été parmi les quotidiens les plus prolixes sur l'annonce de son retrait avant la fin de son mandat.

Neuf pages consacrées à la chronique d'une démission annoncée. Elle a été amplement commentée par la presse française. Le quotidien Libération, qui en a fait sa «une» tout en retraçant le parcours du chef de l'Etat, a été parmi les quotidiens les plus prolixes sur l'annonce de son retrait avant la fin de son mandat. Un itinéraire égrené retracé depuis les bancs de l'école jusqu'à aujourd'hui tout en passant par l'engagement du jeune Bouteflika pour la révolution, son amitié pour le président défunt Houari Boumediene dont il fut notamment le brillant ministre des Affaires étrangères avant de connaître une traversée du désert qui aura duré une vingtaine d'années avant qu'il n'accède à la magistrature suprême en 1999. Pour demeurer à la tête de l'Etat algérien durant 20 ans. Candidat à sa propre succession il renoncera finalement à briguer un cinquième mandat sous la pression d'un mouvement populaire aussi inattendu qu'historique, d'une fulgurance exceptionnelle. «Trente-huit jours. C'est le temps qui s'est écoulé entre la première manifestation dans les rues d'Alger le 22 février, et l'annonce officielle du départ de Abdelaziz Bouteflika lundi», souligne l'éditorialiste Christophe Israël.. Le journaliste de Libération retrace la «fin pathétique» d'une «carrière flamboyante», d'un homme trahi par son état de santé.«Rapide, pour une révolution. Car c'en est une, allumée par l'entêtement d'un homme à se maintenir à la tête d'un pouvoir qu'il n'avait depuis plusieurs années plus les moyens physiques d'exercer», écrit-il. Il poursuit dans une description émouvante qui met en évidence la gravité de la maladie qui a frappé le chef de l'Etat annonciatrice de la fin tragique d'une trajectoire étincelante qui a cessé de briller. «Réduit au silence et à la transparence par la maladie, Bouteflika était devenu un homme de paille, la marionnette d'une armée accrochée à son système clientéliste. Au président couché a répondu une jeunesse debout, dont la mobilisation n'a d'abord fait que plier le système» conclut Libération. «La démission annoncée du chef d'Etat, qui quittera son poste avant le 28 avril, date de la fin de son quatrième mandat, est une humiliante capitulation face à une population en révolte depuis la fin février. Mais elle n'épuise pas l'énigme de cette cécité qui a tout déclenché», estime Le Monde. «La candidature irréelle de M. Bouteflika à un cinquième mandat puis, une fois celle-ci avortée, de sa tentative de proroger le mandat en cours, se lit comme une triste fable sur la déraison du pouvoir. Une histoire joyeuse aussi, celle d'un peuple réveillé qui, armé de sa seule force tranquille, aura ramené le président évanescent et son cercle de courtisans à une évidence: on n'élit pas un fantôme à la magistrature suprême. L'Algérie aura administré une cure de dégrisement à ses dirigeants ivres de pouvoir», poursuit le célèbre quotidien parisien. «En regardant ce qui se passe en Algérie depuis cinq semaines, on a le sentiment d'assister à un film au ralenti. Les ingrédients d'un bouleversement profond sont présents, qu'il s'agisse des manifestations répétées et massives ou des manoeuvres multiples dans l'appareil d'État. Mais tout se déroule à un rythme mesuré, chacun des acteurs semblant vouloir éviter un affrontement destructeur», fait observer le journal chrétien, catholique La Croix. «Bouteflika se met hors jeu pour le grand bien du souffle démocratique à venir. Et même si l'on sent que «l'animal» bouge encore à la lecture d'un communiqué de la Présidence plus que jamais alambiqué, l'espoir est à portée», note Le Midi libre. «Le président a parfaitement compris le message de la rue. Il a fait son temps (plus de vingt ans au pouvoir) et il a encore assez de lucidité pour comprendre que c'est à lui de partir afin d'éviter l'humiliante décision du Conseil constitutionnel que les faits obligeraient à le déclarer inapte à conserver ses fonctions», peut-on lire dans les colonnes du quotidien départemental, La Presse de la Manche.

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