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LES ARTICLES 7 ET 8 DE LA CONSTITUTION FONT DÉBAT

L'apn et le sénat doivent agir

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La mobilisation continueLa mobilisation continue

L'absence des institutions et le refus d'actionner les articles 7 et 8 éloignent le pays d'une solution rapide, au profit d'une gestion quasi tribale, au risque d'entrer dans un tunnel sans issue où les fameux articles n'auront plus aucun sens.

A quelques jours de la prochaine mobilisation populaire, la 7e du genre depuis le début le 22 février dernier, l'opinion nationale est confrontée à une pléthore de «nouvelles» qui ne se vérifient pas toutes, mais apportent leur lot d'angoisse et d'interrogations légitimes. La récente accélération des événements, couronnés hier, par la réunion de tout le staff dirigeant de l'Armée nationale populaire, illustre la situation d'impasse dans laquelle se trouve le pays, au moment où l'on croyait à un accord tacite entre la présidence de la République et l'état-major de l'armée avec la nomination du gouvernement Bedoui. Il n'en était donc rien de tout cela et les Algériens qui donneront leur «réponse», ce vendredi, ont bien le droit de maintenir une pression pacifique sur les décideurs, à l'effet de les amener à donner tout leur sens aux articles 7 et 8 de la Constitution.Il est vrai en effet, que l'ensemble des protagonistes font, ces derniers temps, systématiquement référence à ces deux articles de la Constitution, stipulant que le peuple est souverain et source du pouvoir. Mais comment exerce-t-il ce pouvoir? Ce n'est certainement pas à travers des démonstrations de force hebdomadaires seulement. Lors de ces manifestations, pour grandioses puissent-elles être, le peuple donne son orientation aux pouvoirs publics. A charge, pour ces derniers de trouver le moyen pour que le peuple exerce son pouvoir. Cela passe immanquablement par le suffrage universel. Il n'existe pas d'autres moyens modernes susceptibles de permettre aux Algériens d'appliquer les articles 7 et 8 de la Constitution. Les acteurs présents sur la scène nationale usent et abusent, dans leur discours, de ces deux articles, sans expliquer le mode opératoire. De fait, les Algériens qui découvrent, avec une certaine satisfaction, leur puissance, ne se posent pas vraiment la question de savoir l'utilité d'avoir tout ce pouvoir, si au final, on leur propose, ici et là, des solutions de cooptation d'individus pour des périodes indéfinies, tout en péchant par des approximations parfois irresponsables. Même si le réveil subit de la société transforme les citoyens en «constitutionnalistes», il serait hasardeux de laisser à n'importe qui le loisir de disserter comme bon lui semble sur des sujets aussi pointus. C'est malheureusement ce qui semble se produire, ces derniers jours, au point où l'on ne sait plus ce qu'est le texte fondamental et les limites entre le politique et le juridique, voire l'importance même d'une Constitution.Cet état de fait a conduit les Algériens à «oublier» toutes les autres institutions de la République qui, malgré leurs imperfections, pourraient apporter un plus dans le débat de l'heure, ou tout au moins, le structurer. En laissant la présidence de la République et l'ANP seules face à face dans l'arène politico-institutionnelle, l'APN, le Sénat, le Conseil constitutionnel et les autres instances constitutionnelles manquent à leur devoir. Admettons même que toute action de leur part fasse l'objet de discrédit pour des raisons que l'on peut deviner, elles demeurent tout de même le cadre institutionnel qui, il faut bien le dire, a manqué une occasion historique de camper un rôle médian entre les «belligérants». Ces institutions, notamment celles élues, sont, qu'on le veuille ou pas, l'émanation directe de l'article 7 et 8 de la Constitution. Même mal élus, les députés auraient pu, devant le déferlement du peuple, reconsidérer leur position, assumer leur responsabilité et prendre part au débat. Ils ne l'ont pas fait et l'Histoire le retiendra.
Pourtant, le caractère pacifique des manifestations et le comportement exemplaire des services de sécurité ont séduit toute l'humanité et montré toute la possibilité d'un débat fécond, quoi qu'en disent les détracteurs de la représentation populaire issue des élections de 2017. L'absence des institutions et le refus d'actionner les articles 7 et 8 éloignent le pays d'une solution rapide, au profit d'une gestion quasi tribale, au risque d'entrer dans un tunnel sans issue où les fameux articles n'auront plus aucun sens. Le pays n'est pas à cet extrême et il est très possible encore de trouver un compromis intelligent, à condition de ne pas s'arrêter aux individus, mais puiser dans l'esprit imaginatif des Algériens pour sortir de cette crise. Ces Algériens n'ont-ils pas mené la plus grande révolution du XXe siècle et ne sont-ils pas en passe d'écrire une autre tout aussi sublime?

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