Accueil |Nationale |

ce que révèle la gandoura du président

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Lorsque de fausses informations sont données par des activistes très suivis et un média de manière formelle, il y a lieu dorénavant de réfléchir à deux fois avant d'adopter leurs nouvelles et d'adhérer à leurs analyses.

Un ouf de grand soulagement. L'Algérie a évité le pire. L'armée n'a pas franchi le Rubicond. Le désormais ex-président Bouteflika a su raison garder. Il a finalement lâché prise quelques heures après avoir été ouvertement défié par l'armée et au bout de près d'un mois et demi de contestations populaires.
Sans tergiversations, face aux caméras de la Télévision nationale où il apparaît pour la première fois, depuis des mois (puisque son apparition le 11 mars dernier alors qu'il recevait la démission de son Premier ministre Ahmed Ouyahia a fait l'objet de doutes concernant la date de l'enregistrement), Abdelaziz Bouteflika a présenté sa démission. Vêtu d'une gandoura beige, visiblement très affaibli, Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, a remis sa lettre de démission, placée dans une chemise blanche, au président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz. Etait également présent dans la pièce le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, chargé par la constitution d'assurer l'intérim durant une période maximale de 90 jours au cours de laquelle une présidentielle doit être organisée.
Le moment était solennel, mais semblait très pesant et pénible pour les présents. Mais l'importance de ces images ne réside pas dans la pénibilité exprimée sur les visages des trois hommes. Elle l'est dans le démenti catégorique qu'elle apporte aux folles rumeurs qui ont circulé sur la mort de l'ex-président de la République.
Personne ne peut ignorer que des affirmations ont été données par des animateurs des réseaux sociaux, très suivis d'ailleurs, concernant la mort de l'ex-chef de l'Etat depuis le début des manifestations populaires. L'ex-candidat à la candidature de la présidence de la République, Rachid Nekkaz, a été catégorique sur cette question. De même que plusieurs autres activistes algériens résidents à l'étranger. Et le comble réside sûrement dans le fait qu'une chaîne de télévision privée affirme, la veille, de la diffusion de la cérémonie de démission de Abdelaziz Bouteflika que ce dernier est dans le coma et mis sous respirateur artificiel.
Toute cette agitation qui a accompagné la magnifique révolte populaire peut certes être justifiée par l'entêtement du régime en place qui refusait de communiquer sur l'état réel sur l'évolution de l'état de santé de l'ex-président, connu pour être très malade depuis son AVC en 2013. Mais elle ne peut aussi empêcher un autre constat: lorsque de fausses informations sont données de manière formelle par des activistes très suivis et un média, il y a lieu dorénavant de réfléchir à deux fois avant d'adopter leurs nouvelles et d'adhérer à leurs analyses.
Ces derniers perdent de facto toute crédibilité. En cette période d'après-Bouteflika, l'Algérie qui a besoin d'être reconstruite sur de solides bases, n'a besoin ni de folles rumeurs ni de manipulations. Elle a besoin de ses vrais enfants, intègres et propres pour la bâtir.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha