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"Chaque vendredi on déloge un bandit"

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La rue toujours mobilisée à OranLa rue toujours mobilisée à Oran

La rue a, durant la journée d'hier, maintenu son mot d'ordre: la mobilisation, sans s'arrêter jusqu'au départ immédiat du système et de ses relais.

C'est parti pour un nouveau round de manifestations post-Bouteflika. Dans l'acte VII de la révolte populaire, les habitants d'El Bahia sont, dans toutes leurs composantes, sortis dans la rue l'occupant encore une fois pour hausser le ton cette fois-ci en revendiquant ce qu'ils appellent «la poursuite du déblaiement de ce qui reste du système bouteflikien» ou encore ce qu'ils requièrent: «Le départ immédiat et inconditionnel des autres B». Il s'agit essentiellement du départ de «Bedoui-Belaiz-Bensalah-Bouchareb-Benyounès-Benhamou etc.» «Nous sortirons dans la rue chaque vendredi pour faire valoir nos revendications se résumant essentiellement autour d'un seul point: le départ entier du système et des symboles le représentant», dira un manifestant. Ainsi donc, les habitants d'Oran, sortis comme une foule nombreuse, ont vécu hier une autre journée de protestation populaire pleine de couleurs en se réappropriant, encore une fois, la rue qui leur a été, en paraphrasant un autre manifestant, «confisquée par un pouvoir ayant, depuis 20 ans de mauvaise gouvernance, étouffé toutes les voix appelant au changement». La rue a, durant la journée d'hier, maintenu son mot d'ordre mis en avant depuis le 16 février dernier à partir de la commune de Kherrata dans l'est de la wilaya de Béjaïa: la mobilisation, sans s'arrêter jusqu'au départ immédiat du système et de ses relais. D'ailleurs, plus d'un manifestant n'a pas omis de brandir des pancartes remerciant la population de la localité de Kherrata sortie dans la rue pour appeler à la chute du «système bouteflikien». Hier, lors de leur sortie, les manifestants se sont organisés d'abord dans la somptueuse Place du 1er-Novembre (ex-place d'Armes) avant que la procession ne se mette en branle en sillonnant, dans un climat festif, les rues baptisées aux noms des symboles de la résistance nationale contre l'occupant colonial du siècle dernier, à commencer par la rue Emir-Abdelkader, rue Larbi-Ben M'hidi puis la place du colonel Lotfi: «Système dégage», «le peuple veut l'activation des articles 7 et 8 de la Constitution». L'un des manifestants s'est ingénié en portant une banderole sur laquelle est écrit «pour l'activation de l'article 2019», sous-entendant le soulèvement populaire de cette année 2019. «La souveraineté au peuple», peut-on lire, entre autres. «Volonté populaire», «Fidèles au sang des martyrs». «Chaque vendredi on déloge un bandit», scandaient par ailleurs plusieurs manifestants, en plus des appels pour une manifestation massive chaque vendredi, rappelant que «le peuple est source du pouvoir» et pour dénoncer les autorités de la transition découlant de l'application de l'article 102 qui sera marquée par le maintien en place de Belaiz-Bensalah et Bedoui. Les manifestants ont appelé les Algériens à «poursuivre la mobilisation pour maintenir la pression pacifique et à sortir massivement pour réaffirmer la volonté populaire pour le changement démocratique». La syndicaliste Selma Karam dira à L'Expression que «nous vivons des moments inédits de l'union pour rejeter les propositions du gouvernement». La mobilisation de ce vendredi renseigne sur le fait que les événements se poursuivront dans le futur. Tous les avertisseurs arborent que les Algériens ne lâchent pas prise ni ne relâchent, ne s'en retiennent pas en se déchaînant pour s'en tenir inlassablement, et vaille que vaille, à la «rupture» avec le système jusqu'à la mise en place, par le peuple, d'une IIe République pleine de droits et de droiture dans la gestion des affaires et biens du peuple.

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