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L'EXPERT MALEK SERRAI ÉVOQUE LA TRANSITION ÉCONOMIQUE

"Plus de 2000 lois sont à revoir"

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Le consultant international a évoqué un mal profond qui ronge l'économie algérienne depuis des années.

Dans un contexte sociopolitique ostensiblement tendu, le volet économique doit indubitablement être associé au débat en cours. La conjoncture nécessiterait donc, la mise en place de mesures urgentes et efficientes dans ce domaine-là. C'est sur cet aspect précis que Mbarek Malek Serraï, expert et consultant international en économie, s'est axé hier, en marge de son intervention au forum d'El Moudjahid. Dressant le bilan de ces dernières années en matière d'économie, l'expert érige un constat qui donne le tournis. Corruption en tous genres, transferts illicites, détournement de fonds, surfacturation...autant de concepts péjoratifs, qui rongent le secteur économique en Algérie, a-t-il expliqué. Malek Serrai parle d'un mal profond qui, au fur et à mesure des années a pris une ampleur telle, qu'il a fini par conduire au pourrissement. «L'argent du Trésor public a été pillé par un groupuscule de malfrats», lequel a toujours agi dans l'impunité la plus totale, a-t-il souligné. Pour appuyer ce constat peu reluisant, l'intervenant fait état d'un rapport ayant été dressé par des experts internationaux et duquel ressort que pas moins de «160 milliards de dollars ont été volés des caisses de l'Etat et transférés vers l'étranger». Il a encore indiqué qu'en l'espace de l'année 2018, une somme allant jusqu'à huit milliards de dollars s'est évaporée». Pour lui, la problématique maintenant, se pose à ce niveau-là, à savoir; «réfléchir à comment faire revenir ces sommes faramineuses, comment compenser ce vide». Malek Serrai estime qu'un plan d'attaque doit d'ores et déjà être installé, afin «de corriger les défaillances et revoir les grands dossiers». Dans ce registre, il signale l'existence de 2000 lois qu'il faut «rapidement réviser», notamment sur le plan du commerce extérieur. Pour réaliser cela, il juge judicieux que des experts et spécialistes relevant du secteur de la justice se mettent au diapason pour modifier les textes dans l'optique de s'adapter aux besoins du pays. Le spécialiste a par ailleurs, souligné la nécessité de garder en ces temps de changement, «le taux de production». D'après lui, cela relève de l'exigence et pour cause, le taux de production est intrinsèquement lié avec le taux de chômage. Par conséquent, si on veut éviter la croissance du chômage, il faut tenter, bon gré mal gré, de maintenir «notre cadence habituelle de production et encore». D'autre part, Malek Serraï a émis ses craintes quant au développement du secteur de l'industrie en Algérie, qui est, dit-il, loin d'être réjouissant. «L'industrie est très faible», déplore-t-il, ajoutant que l'état des lieux de ce segment étroitement lié à la diversification de l'économie fait peine à constater. Si dans le passé le PIB participait à 20%, nous en sommes aujourd'hui à seulement 5%», un chiffre, appuie-t-il bien dérisoire.

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