Accueil |Nationale |

LES QUATRE JOURS DÉCISIFS DU MOUVEMENT POPULAIRE

La colère enfle

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
L'intérim du président déchu sera assuré pour au moins 90 jours par Abdelkader BensalahL'intérim du président déchu sera assuré pour au moins 90 jours par Abdelkader Bensalah

L'application de l' article 102, c'est le retour à l'avant-22 février.

Les quatre jours qui nous séparent du huitième vendredi s'annoncent décisifs pour le mouvement populaire. Jusqu'ici, on se dirige vers une situation où l'intérim du président déchu sera assuré pour au moins 90 jours par Abdelkader Bensalah, président de la chambre haute du Parlement, dominée par le tiers présidentiel, le FLN et le RND. L'institution militaire a justifié le recours à cette méthode relative à l'activation de l'article 102, par le souci de ne pas déborder du cadre formel de la Constitution. Or le mouvement populaire et la majorité des acteurs politiques de l'opposition ont rejeté le recours à l'article 102. Dès lors, cette institution se trouve à la croisée des chemins. Il s'agit soit de jouer le rôle d'accompagnateur ou de facilitateur du basculement vers un système démocratique demandé par le mouvement populaire ou bien persister à vouloir sauver le système en s'abritant derrière le «légalisme constitutionnel». Dans cet ordre d'idées, le président du MSP, Abderrezak Makri a indiqué que «l'armée est devant deux chemins. Le premier est celui de sécuriser et de garantir le bon déroulement de la période de transition politique, tandis que le deuxième est la prise du pouvoir par la force.La démarche liée à l'article 102 est qualifiée d'une «manoeuvre dilatoire pour lustrer le système et le sauver». En tout cas, même les parties ou partis qui se sont alignés sur la position de l'armée ont disqualifié cette démarche. A ce propos, l'éditorial du quotidien El Moudjahid suggère d'écarter Bensalah, tout en restant dans la «légalité» et dans le cadre constitutionnel. Il s'agit pour ce journal public de ne pas s'éloigner de la proposition du chef d'état-major, vice-ministre de la Défense, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, devenu le nouvel homme fort de l'Algérie, après le départ de Bouteflika.
Dans le même sillage, il ressort aussi du débat sur la gestion de la transition que certains acteurs politiques, qui se croient prêts pour la compétition électorale, proposent l'ouverture d'une courte période de transition qui sera gérée par une présidence collégiale ou individuelle en sortant de l'application du seul article 102. Cette position risque de faire capoter les objectifs auxquels tend le mouvement populaire. Ceux qui ne se montrent pas pressés de passer au processus électoral, à l'image du RCD, soulignent que «la transition doit prendre le temps nécessaire pour éviter les raccourcis et, surtout, garantir la mise en place et l'adoption des préalables démocratiques sans lesquels aucune avancée n'est possible». «L'élection présidentielle doit être précédée par l'élection d'une Assemblée constituante où l'organisation d'un référendum devant valider la nouvelle Constitution». a-t-on également soutenu.. «Lors des transitions réussies de l'Europe de l'Est, il a fallu plusieurs mois pour assainir les fichiers électoraux nationaux avec, souvent, l'assistance et l'expertise d'organisations gouvernementales et non-gouvernementales. Aller aux élections dans quatre, cinq ou six mois est la meilleure façon de faire voter les morts ou les êtres fictifs», a relevé hier Saï Sadi. Pour l'heure, rien n'indique que l'institution militaire va abandonner la procédure d'intérim. Celle-là passe même passe à un niveau supérieur. Preuve en est que les deux chambres du Parlement doivent se réunir demain pour valider la nomination de Abdelkader Bensalah à la tête de l'Etat. Par conséquent, de nombreux observateurs n'écartent pas une «confrontation» directe avec Gaïd Salah, même si celui-là n'incarne pas l'armée. Selon d'autres hommes politiques «cette démarche ramènera l'Algérie à la case départ, soit à l'avant-22 février qui renvoie à la militarisation de la vie politique». Cela signifie que l'armée n'est pas en phase avec le mouvement populaire qui réclame le départ du système. La décision de maintenir l'application de l'article 102, montre que l'institution militaire et le mouvement divergent totalement sur la manière et les objectifs à atteindre.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha