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IL PROPOSE UN PLAN DE SORTIE DE CRISE

Benflis: le "New Deal"

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Benflis a gagné la partie en parvenant à convaincre ses interlocuteursBenflis a gagné la partie en parvenant à convaincre ses interlocuteurs

Ce qui plaide pour la solidité de cette offre politique du chef de file de l'opposition non islamiste, c'est justement son sérieux, l'expérience qu'il cumule au sein des institutions de la République et son souci à ne pas «gaspiller ses cartouches» dans une démarche improvisée.

Parmi les propositions de sortie de crise émanant de partis et personnalités politiques, celle de Ali Benflis a l'avantage de tenir compte de l'exigence de la rue à ne pas associer des symboles de l'ancien régime dans la gestion de la transition, tout en préservant les fondements de l'Etat-nation. L'ancien chef du gouvernement, qui entend respecter la Constitution dans l'esprit, tout en assumant des choix politiques qui contredisent l'article 102 de la Constitution, fonde sa démarche sur l'article 7 de la Loi fondamentale. Ce qui revient à respecter le voeu du peuple à écarter Bensalah, Belaïz et Bedoui de la gestion des affaires publiques, quelles qu'en soient les circonstances. L'idée consiste donc à mettre en oeuvre le principe selon lequel, il faut à tout prix écourter le «no man's land» constitutionnel, tout en confiant la barre du bateau Algérie à des personnalités appréciées des Algériens.
Dans l'énoncé de son plan de sortie de crise, avant-hier au forum El Moudjahid, Ali Benflis s'est voulu, pas du tout pointilleux sur les détails. En effet, l'instance présidentielle pourrait être dirigée par une, deux ou trois personnalités. Cela pour dire que l'important n'est pas dans la forme. L'essentiel, c'est le consensus national qu'elle doit réunir. Quant au gouvernement, le président de Talaï El Houriyet ne se formalise pas sur le nombre de ministres. L'essentiel, c'est l'effet qu'il fera sur les Algériens. La confiance est une donne stratégique pour sortir de la crise.
Ces deux préalables réunis, l'ancien chef du gouvernement propose une série de décisions, et c'est là le «concentré» de sa démarche. Il préconise des amendements à la loi électorale, par le biais de l'ordonnance. Cette formule a l'avantage de la rapidité dans la promulgation. Des sources proches des «lieux de pouvoir» disent être séduites par cette approche. En effet, cela veut tout simplement dire que les changements qui seront apportés à la législation en matière électorale pourraient être validés assez vite, d'autant qu'il existe une quasi-unanimité sur les aspects qui devront changer dans les lois pour garantir un scrutin transparent. Cette phase de «réécriture» des lois ne durera pas plus d'une semaine, rappellent nos sources. Cela répond à ceux qui craignent une transition assez longue, si l'on sortait de l'article 102. L'argument, d'ailleurs recueilli par L'Expression auprès d'une source assez bien introduite, atteste de l'impossibilité de tenir une élection en quelques mois, en raison notamment du temps que prendrait l'amendement de la loi électorale, l'entrée en lice des nouveaux partis, avec les congrès nécessaires que cela suppose, en sus d'autres situations à assainir. Le recours à l'ordonnance raccourcit le parcours et permet à la scène partisane d'être prête dans un délai, que Benflis estime entre 3 et 6 mois.
Ce qui plaide pour la solidité de cette offre politique du chef de file de l'opposition non islamiste c'est justement son sérieux, l'expérience qu'il cumule au sein des institutions de la République, et son souci à ne pas «gaspiller ses cartouches» dans une démarche improvisée. En effet, nos sources sont formelles quant au fait que l'ancien chef du gouvernement a eu le quitus de partis de l'opposition et même des décideurs, notamment dans l'esprit de la démarche. Sur le fond donc, Benflis a gagné la partie en parvenant à convaincre ses interlocuteurs sur la double nécessité de faire une courte transition, avec un personnel politique inspirant confiance.
A la veille de la réunion du Parlement avec ses deux chambres, une course contre la montre est livrée pour régler les questions de détails. Ce sont principalement les identités des hommes et des femmes, censés conduire la transition, qu'il va falloir définir et présenter à l'opinion nationale. Il est évident que les Algériens ne verront pas d'inconvénient à suivre le choix de la classe politique, à la condition que celle-ci fasse montre d'une unanimité sans faille. Il est difficile de s'avancer sur l'état d'avancement du projet, mais l'on affirme, de bonnes sources, que des tractations sont en cours et il se pourrait qu'avant le vendredi une liste de personnalités sera soumise à l'approbation du peuple.

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