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DANS UNE CONTRIBUTION PUBLIÉE, HIER, PAR TSA

Benflis s'explique sur ses choix

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Le président de Talaie al HourriyetLe président de Talaie al Hourriyet

Il ne s'agit pas d'élucider le débat sur le rôle de l'armée, mais cela ne devrait pas non plus être ni un objet de fixation pour les uns ni une obsession prégnante.

Alerte, mais pas alarmiste. Le président de Talaie al Hourriyet, Ali Benflis s'est expliqué sur le rôle que doit jouer l'armée dans la situation actuelle. Dans une contribution publiée par le journal Online TSA intitulée «Faux procès et vrais, enjeux», Benflis a estimé que la refondation démocratique «ne peut s'opérer de manière apaisée et sereine sans la contribution et l'engagement de toutes les forces patriotiques, y compris, naturellement, nos forces armées, elles-mêmes». Entre ceux qui sont fondamentalement opposés à l'incursion de l'armée dans le champ politique en l'état actuel, et ceux qui font un appel du pied à l'institution militaire, l'ancien chef du gouvernement préfère placer le curseur au juste milieu. «Soutenir cette voie n'est pas pécher par manquement aux valeurs démocratiques, tout comme le rigorisme des extrêmes n'est pas nécessairement un certificat de bonne conduite démocratique», explique Ali Benflis justifiant qu'il ne s'agit pas d'élucider le débat sur le rôle de l'armée, mais cela ne devrait pas non plus être ni un objet de fixation pour les uns ni une obsession prégnante pour les autres. «Le jugement y perdrait en justesse et la mesure des vrais enjeux de l'heure en serait faussée», écrit-t-il, car, l'heure n'est pas aux débats byzantins, pour les faux procès ou pour «les coquetteries des puristes du chaos créateur». Il s'agit de sauver l'Etat national qui, aux yeux de Benflis, risque de faire les frais de l'effondrement du régime politique qui a sévi deux décennies durant dans notre pays. Il explique dans sa contribution que la menace n'est pas une simple hypothèse. «Elle a pris la tournure d'un risque réel. Elle est venue du régime politique lui-même qui a commencé par prendre appui sur des forces extraconstitutionnelles pour survivre et qui a fini par ne leur servir que de simple devanture». Pour Ali Benflis, les motifs d'inquiétude sont nombreux et il ne manque pas de les énumérer. En premier lieu, il y a le vide institutionnel qui constitue la première menace de l'Etat-nation dans son intégrité-même. Vient ensuite la menace sécuritaire. Benflis en veut pour preuve les derniers développements simultanés au Sahel et en Libye qui, a ses yeux, «n'augurent rien de bon». Ces foyers de tension constituent une menace directe pour la stabilité du pays. A ce titre, le président de Talaie al Hourriyet rappelle une évidence selon laquelle «les terrorismes de toute sorte sont à la quête permanente de pays affaiblis pour y semer les graines de la haine et de la désolation». L'autre motif d'angoisse de Benflis est induit par le désastre économique qui frappe notre pays. «L'économie nationale est à l'agonie. Elle est sous perfusion de la planche à billets et rien d'autre. L'ombre du Fonds monétaire international rôde au-dessus de nos têtes.» La situation urge et sans un frémissement rapide des énergies, nous tomberonts inévitablement sous les fourches Caudines du FMI. Cette dépendance sera encore compliquée par la menace des interférences étrangères. C'est même une conséquence directe pour un pays qui n'a aucune emprise sur l'économie. «Et plus longues sont l'incertitude et l'instabilité, plus il est loisible aux ingérences étrangères d'affiner leurs calculs et de faire avancer leurs pions», ajoute Ali Benflis. Il y a enfin la menace intérieure qui peut venir de ce qu'il appelle «l'Etat profond» qui a acquis «chez nous, un visage et c'est celui des forces extraconstitutionnelles qui n'ont pas baissé les bras». Il a sa force de frappe qui se révèle à travers toutes les clientèles auxquelles l'ancien régime a livré tout un pays. Ali Benflis ne se fait pas de doutes: «Parmi ces clientèles, certaines opèrent des conversions spectaculaires alors que d'autres, encore tapies dans l'ombre, attendent patiemment leur heure.» C'est dire que le combat est encore long.

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