Accueil |Nationale |

ORAN

Les avocats ont boudé les tribunaux

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Le mouvement a, pour la première fois de l'histoire, charrié des magistrats et des avocats.

En organisnt leur rassemblement hebdomadaire, nombreux ont été les avocats qui ont observé hier un sit-in de protestation devant le Palais de justice d'Oran, en guise de solidarité avec leur camarade, Salah Debbouze, qui a fait l'objet d'interpellation devant son cabinet. Cette décision a été prise, suite aux poursuites judiciaires engagées par le parquet de Ghardaïa à l'encontre de Me Salah Debbouz. Pour plus d'un avocat protestataire, l'interpellation de Me Debbouz constitue «une grave atteinte à la Constitution et n'a aucun fondement réel ni juridictionnel. L'écrasante majorité des affaires enrôlées pour la journée d'hier a été finalement renvoyée à des dates ultérieures. Ce débrayage coïncide avec la reprise de la mobilisation populaire où les avocats d'Oran se sont mis de la partie en plaidant «le changement du système politique». Ils sont donc des centaines à défiler devant la nouvelle cour, appelant ainsi le pouvoir à se plier à la volonté du peuple et à aller vers une transition démocratique. Le mouvement populaire a charrié dans son sillage, des magistrats et des avocats, pour la première fois dans leur histoire, en adoptant communément le mot d'ordre lancé par le peuple. Un peu partout dans le pays, des magistrats ont laissé de côté l'obligation de réserve à laquelle ils sont astreints et ont rejoint la mobilisation des robes noires. «Les avocats sont les enfants du peuple, ils jugent en son nom et demandent à ce que sa volonté soit respectée», dira un avocat tout en plaidant «l'indépendance de la justice». «C'est une revendication du peuple à laquelle il faut répondre favorablement», a-t-il ajouté appelant les magistrats les avocats et les greffiers à maintenir la pression pour faire valoir la revendication du peuple, en manifestant pacifiquement». «Oui à un Etat de droit», «Oui à la liberté de manifester pacifiquement», «Non à la violation de la Constitution» ou encore «Système dégage», prélude un autre avocat déplorant «l'interpellation de
Me Salah Debbouz». La mobilisation de l'appareil judiciaire (avocats, magistrats et greffiers) en faveur du changement du système constitue une étape supplémentaire dans la contestation, qui s'amplifie. La poursuite du mouvement populaire pacifique est, chez plus d'un maintenue. Cette mobilisation fait suite à l'attachement aux revendications de la révolte populaire, n'ayant plus rien de commun avec les revendications sectorielles ou socio-économiques. «Nous allons porter les revendications de la rue algérienne, à savoir le départ de tout le système», dira un autre avocat ajoutant que «le mouvement populaire est un tournant décisif que nous ne devons pas manquer, comme nous l'avons été lors des précédentes actions. Nous devons mettre de côté et oublier les divisions claniques et spéculatives en allant de l'avant pour le bien de l'Algérie». Sur sa lancée, il a affirmé «le retour en force des robes noires dans la scène politique nationale en enrichissant le débat national, tout en marquant en force leur présence côte-à-côte avec la population sortant dans la rue chaque vendredi».

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha