Accueil |Nationale |

CONGRÈS DU PARLEMENT

Le chef d'Etat par intérim prend ses fonctions

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Le chef d'Etat par intérim prend ses fonctions

La séance parlementaire, la première du genre depuis l'indépendance, qui constate la vacance du poste de président de la République, s'est déroulée dans un climat pesant, alourdi par la conjoncture politique, rendant la démarche encore plus difficile qu'elle n'est censée l'être de par l'énoncé même de l'article 102. Les députés de l'APN et leur collègue du Conseil de la nation s'étaient déjà retrouvés dans cette salle, mais en d'autres circonstances.
Il y a quelques années, c'était pour amender la Constitution. Hier, il s'étaient réunis pour décider de l'application d'un article auquel on ne pensait pas un jour y avoir recours. Et encore moins dans un contexte quasi révolutionnaire, avec à quelques kilomètres du Club des pins, un peuple qui rejette catégoriquement le processus constitutionnel en cours. De fait, une atmosphère tendue a marqué l'évolution de cette réunion en congrès des deux chambres du Parlement, tenue au Club des pins.
Les travaux se sont déroulés dans une ambiance hostile et lourde. Il a fallu attendre jusqu'à 10 h 30 pour voir débuter les travaux de cette réunion, prévue pourtant à 9h pile. Cette séance intervient une semaine après la démission forcée de Abdelaziz Bouteflika de la présidence de la République, le 2 avril dernier. Elle intervient aussi trois jours après des manifestation massives du vendredi réclamant le départ des trois «B», dont Abdelkader Bensalah. Quelque 455 députés de l'Alliance présidentielle ont répondu à l'appel lors de cette réunion, tandis qu'une quinzaine d'autres ont préféré envoyer des procurations. Il faut noter que refusant de cautionner la nomination de Bensalah, les députés de l'opposition parlementaire, dont le FFS, le MSP, le RCD PT et Al-adala, ont boycotté ladite séance. En cette occasion, le Parlement a pris acte de la vacance de la présidence de la République et actionné la mise en application de l'article 102 de la Constitution en vertu duquel Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, est devenu automatiquement chef de l'État par intérim pendant 90 jours.
Le processus d'intérim massivement rejeté par la rue, a été entériné hier sans presque aucune anicroche sauf la rare tentative de perturbation commise par le député FLN de Naâma, M.Saâdaoui, qui a voulu intervenir, mais vite ramené à l'ordre par Bensalah qui lui a rappelé que le règlement intérieur de la séance ne permet aucun débat ni point d'ordre. «Je demande la démission de Abdelkader Bensalah car le peuple le lui demande...», a-t-il déclaré en marge de cette cérémonie. «Il n'a pas d'autres choix que de partir, car la population ne va pas faire marche arrière», a-t-il insisté.
«Il y a de la colère, une véritable crue qui risque de tout emporter. Rester dans le cadre constitutionnel s'oppose maintenant à la volonté populaire», ajoute-t-il. Avant le début des travaux de cette fatidique réunion, avec un seul point à l'ordre du jour, la nomination de Bensalah au poste de chef d'Etat, les Djamel Ould Abbès, Seddik Chiheb et dans la moindre mesure, Belkacem Sahli et Tliba ainsi que d'autres, ont volé la vedette aux parlementaires.
Néanmoins, la banalité de cette séance a été relevée un peu par l'action des députés du groupe parlementaire des indépendants et de ceux d'El-Moustakbel.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha