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L'OPTION DE L'ARTICLE 102 POUR SORTIR DE LA CRISE, MASSIVEMENT REJETÉE

L'impasse?

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Il demeure que pour le Hirak, l'ancien système doit tomberIl demeure que pour le Hirak, l'ancien système doit tomber

L'acte VIII des marches pacifiques, qui s'est joué hier, a démontré par sa mobilisation exceptionnelle que les Algériens dans leur grande majorité ne renonceront pas à faire table rase de l'ancien système.

La désignation de Abdelkader Bensalah comme chef de l'Etat conformément à l'article 102 de la Constitution n'a pas répondu à la volonté populaire. Les slogans brandis lui sont d'une hostilité qui en dit long sur la radicalisation du Hirak. L'acte VIII des marches pacifiques qui s'est joué hier a démontré par sa mobilisation exceptionnelle que les Algériens dans leur grande majorité ne renonceront pas à faire table rase de l'ancien système. Le nouveau locataire d'El Mouradia qui doit pallier la vacance de la présidence de la République pour une période de trois mois, suite à la démission de Abdelaziz Bouteflika, est perçu comme un de ses symboles. Ce qui à leurs yeux le disqualifie de facto pour accompagner la transition qui doit déboucher sur l'élection présidentielle dont la date a été fixée au 4 juillet.
Sa proposition de créer une institution nationale collégiale, souveraine dans ses décisions, à laquelle sera dévolue la mission de réunir les conditions nécessaires de préparation et d'organisation d'une élection nationale honnête et transparente n'a pas suffi pour apaiser les esprits. Si elle a été favorablement accueillie principalement par les partis de l'ex-Alliance présidentielle (FLN, RND, MPA, TAJ), il faut reconnaître que les formations politiques de l'opposition et les principales associations qui représentent la société civile, celles de la défense des droits de l'homme lui ont signifié un niet catégorique.
L'option de l'article 102 pour sortir de la crise se retrouve du coup massivement rejetée. Des positions tranchées qui conduisent à l'impasse. Abdelkader Bensalah peut-il dans une telle conjoncture poursuivre sa mission pour que le passage de témoin se fasse sans anicroche? A partir du moment où il est loin de faire l'unanimité pour conduire cette étape cruciale que traverse le pays sur le plan politique, il lui sera bien difficile de parvenir à traverser une telle tempête. Il demeure pour le Hirak un des derniers remparts de l'ancien système qui doit tomber.
Une pression à laquelle il ne semble pas enclin à céder. Il faut dire que l'homme bénéficie à ce jour de l'appui du vice-ministre de la Défense, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire. Gaïd Salah qui a été à l'origine de l'actionnement de l'article 102 de la Constitution qui a provoqué la démission de l'ancien président de la République s'en tient pour le moment qu'à la stricte application de la Loi fondamentale. Une autre façon de dire que l'armée veille au respect des lois de la République et qu'elle entend rester dans les prérogatives qui lui sont attribuées par la Constitution. Avec un détail d'importance cependant: l'armée se tiendra aux côtés de son peuple!
Le général de corps d'armée qui a évoqué les articles 7 (le peuple est la source de tout pouvoir. La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple.) et 8 (le pouvoir constituant appartient au peuple. Le peuple exerce sa souveraineté par l'intermédiaire des institutions qu'il se donne.) de la Constitution qui doivent accompagner l'application de l'article 102 pour répondre aux aspirations et aux revendications populaires ne semble pas avoir grillé toutes ses cartouches. En tous les cas et au vu de la situation actuelle, la solution politique semble de plus en plus incontournable pour une sortie définitive de la crise. Comment déclencher le processus? La question ne s'est pas posée pour le moment. Il n'est cependant pas exclu que l'option soit sur la table...

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