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LE MOUVEMENT REJETTE LE PLAN DE SORTIE DE CRISE IMPOSÉ D'EN HAUT

L'impasse...

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Il est très difficile de conjecturer sur ce qui va se passer après les manifestations de millions d'Algériens en ce huitième vendredi. A travers cette démonstration de force où la mobilisation est supérieure à celles des vendredis, précédents, le mouvement populaire rejette catégoriquement la fatalité de l'application de l'article 102 de la Constitution. Il refuse non seulement cette démarche liée au diktat du «formalisme» constitutionnel, mais rejette également l'élection présidentielle du 4 juillet prochain. Les manifestants qui investissent la rue depuis le 22 février, estiment, notamment que «le pouvoir en place ne peut garantir un scrutin libre, transparent et crédible». En tout cas tout le monde s'accorde à dire que la réponse de la rue au processus mis en oeuvre pour combler la vacance du pouvoir à travers le recours à l'application dogmatique de la Constitution, était des plus éclatantes. Et cela en dépit des heurts en fin de cortège d'avant-hier. L'affluence a été monstrueuse, nonobstant les moyens déployés pour empêcher les citoyens d'entrer à Alger pour prendre part à la manifestation. La démarche du président intérimaire, enclenchée, est certainement vouée à l'échec. Il est clair que cette feuille de route n'a aucune chance de trouver un écho favorable auprès des manifestants de l'opposition qui boycotteront massivement les urnes.
Les manifestants exigent un «Etat civil, un Etat de droit et un Etat démocratique». Un seul rôle de l'armée est toléré: «L'accompagnement de la transition politique gérée par les instances du mouvement.» Malgré la répression contre la manifestation des étudiants, le mouvement n'est pas affaibli pour autant. En plus de l'affluence record de chaque vendredi, des manifestations de diverses catégories sociales(magistrats, avocats, notaires, huissier de justice, étudiants, syndicalistes, enseignants, médecins, handicapés...) se tiennent quotidiennement pour contester la solution de sortie de crise «contrôlée» et «imposée d'en haut». Objectivement cette démarche qui devrait aboutir à une élection va droit dans le mur car si scrutin il y a, il se tiendra sans le peuple. Cette méthode du fait accompli a montré les limites de son applicabilité, la crise politique dans laquelle est plongé le pays étant très complexe et profonde. La colère de la rue ne cesse de monter de plusieurs crans car l'entourage du chef de l'Etat déchu a été maintenu en place.

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