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LA BANQUE D'ALGÉRIE ET LE FINANCEMENT NON CONVENTIONNEL

"Ce n'était pas nous..."

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«Les instruments conventionnels de politique monétaire n'ont pas atteint leurs limites»

A travers un point de situation sur le financement non conventionnel, établi au 1er avril 2019, la banque d'Algérie, tente d'incomber la responsabilité de ce choix exclusivement au gouvernement Ouyahia. Elle explique dans la première partie du document, que sa position était clairement contre cette option, insistant sur le fait, qu'elle avait fortement prévenu sur les méfaits de ce mode de financement, en dressant la comparaison: «En Algérie, la situation est loin de présenter des similarités avec les cas exposés dans la note (Etats-Unis, Europe, Japon) qui seraient susceptibles de justifier le recours au financement non conventionnel, dans notre pays.» Dans ce sens, son argumentaire se base sur son appréciation de la situation financière et économique du pays «Les instruments conventionnels de politique monétaire n'ont pas atteint leurs limites. A ce stade, les banques ne présentent au refinancement, par la banque d'Algérie, (opérations d'open market et réescompte) que des titres publics. La matérialisation de l'importante part d'effets privés qu'elles détiennent dans leurs portefeuilles leur permettrait de disposer de liquidités substantielles, via le refinancement de ces effets, auprès de la banque d'Algérie.» Elles considèrent qu'il est aberrant d'appeler «la Banque d'Algérie à recourir à la planche à billets, éminemment inflationniste, et soulignent en même temps qu'elles ne doit pas mettre de l'huile (sur) le feu en alimentant la spirale inflationniste et ne doit pas inonder le marché de liquidités».Voulant tirer son épingle du jeu, la banque d'Algérie, souligne quelle avait proposé d'autres alternatives, dans sa réponse, telle que «l'instrumentation, dans la phase intermédiaire, de l'article 53 de l'Ordonnance relative à la monnaie et au crédit, prévoyant la possibilité de placer une partie de ses fonds propres, en titres émis ou garantis par l'Etat». Au même titre que le Comité des opérations de politique monétaire, à travers des données actualisées du marché monétaire et des indicateurs macroéconomiques, qui avait décidé de nouvelles mesures, le 22/05/2018, à savoir une augmentation du taux de la réserve obligatoire de 200 points de base, le portant de 8 à 10% et une opération de cantonnement partiel de la liquidité par le biais d'action bilatérale. Dans cette optique, la Banque d'Algérie, semble vouloir tirer les marrons du feu, et s'attribuer les bons points, en justifiant le fait de s'adapter au nouveau contexte, par sa volonté de pallier «les éventuels effets inflationnistes d'un tel financement». A cet effet, et au risque de se contredire, elle s'approprie le mérite de l'efficacité des mesures apportées au cours de l'application de ce financement, et qui ont donné les résultats, qu'elle énumère en fin de rapport: «La liquidité globale des banques s'établissait à 1895,6 milliards de DA, les crédits à l'économie, en 2018, avaient atteint un taux de croissance de 13,8%, comparativement à l'exercice 2017, avec un accroissement annuel des financements, en valeur absolue, de 1223 milliards de DA, alors que l'inflation sur la période 2017 à ce jour, a connu une évolution maîtrisée. En effet, mesurée par l'indice des prix à la consommation, l'inflation, en moyenne annuelle, est passée de 5,6% en 2017, à 4,3% en 2018 et à 4,1% en février 2019».

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