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ORAN

L'Université en grève illimitée

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Les étudiants ne semblent pas inquiétés par la perte d'une année de cursus tant que toute l'Algérie est, toute entière, en mouvement.

C'est résolu. Les étudiants des universités d'Oran viennent de décider de ne plus rallier les amphis. Dans leur action qu'ils ont approuvée par voie de consensus, ils ont décidé d'élargir leur front de revendication tout en décidant de leur présence ponctuelle dans le mouvement populaire en observant la grève générale illimitée. Une telle mesure a été décidée suite à un long conclave dans lequel les étudiants ont débattu toutes les questions liées à leur apport, tout en prenant en compte les incidences de leur mouvement, en ralliant pleinement la révolte populaire revendiquant le changement et le départ du système. Pour les connaisseurs des rouages, les étudiants sont sortis de telle sorte à hausser encore plus la pression populaire après que les magistrats ont fait une sortie incroyable en décidant de boycotter l'accompagnement de la révision des listes électorales tout comme ils ont décidé de ne pas superviser la tenue du scrutin prévu pour la journée du 4 juillet. Tout comme, ils (les étudiants Ndlr) ont jugé utile de ne pas se mettre en marge de la patrie en appuyant la mesure prise par plusieurs maires ayant décidé de ne pas organiser l'élection. Chez plus d'un étudiant, un tel argumentaire tient la route et peut aisément faire valoir les revendications populaires, d'autant plus que Gaïd Salah est attendu aujourd'hui sur un discours qu'il doit prononcer, axé essentiellement sur la situation politique qui prévaut au niveau national. Pour les grévistes, le général de corps d'armée est appelé à «plaider au profit du peuple en optant pour le changement radical». Autrement dit, les grévistes misent gros sur le rôle du vice-ministre de la Défense. Et ce n'est pas tout.
Les étudiants ayant décidé d'une année blanche, ne semblent pas inquiétés par la perte d'une année de leur cursus tant que toute l'Algérie est, toute entière, en mouvement. Pour eux, la voie salvatrice ne serait autre que le départ du trio Bensalah-Belaïz-Bedoui. Et passer par la suite à la construction de véritables institutions constitutionnelles bâties par le peuple et sa volonté. Autrement dit, le passage aux articles 7 et 8 est de mise.
«L'article 102 est insuffisant tant que celui-ci n'est pas suivi par l'application des deux articles explicitant réellement la volonté et l'autorité du peuple, 7 et 8», dira un étudiant. Jusqu'à une heure tardive de la nuit de dimanche à lundi, les étudiants ne juraient que par la «poursuite du mouvement en l'inscrivant dans la durée». Mais ce qui semble les avoir irrités le plus est le traitement exceptionnel auquel ont eu droit des militantes sorties manifester samedi. Elles ont été interpellées à Alger puis embarquées dans un commissariat de la banlieue de la capitale où elles ont subi des traitements dégradants. «Elles ont été déshabillées et maintenues au poste jusqu'à une heure tardive», a déploré une étudiante, d'où «notre grande colère», a-t-elle ajouté. Un tel acte a, en un laps de temps très court, fait le tour de toute l'Algérie.
Il continue à constituer le sujet dominant des débats locaux. «Ce comportement des agents du commissariat de Baraki à l'égard de militantes pacifiques confirme la stratégie répressive adoptée par le pouvoir en vue de nous confisquer ce que nous avons acquis jusque-là», dira une étudiante ajoutant que «désormais, on ne doit pas les laisser recommencer».
«Les tenants du système, aux aguets vu leur comportement et réaction, n'ont qu'à partir nous laissant nos affaires à nous, nous saurons les gérer», lui a emboîté le pas une autre étudiante. Le bout du tunnel n'est donc pas pour demain malgré tous les signaux lancés un peu partout dans le pays.

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